[Série Tv] Californication, saison 1
Rien ne va plus à HBO. Le fameux network américain à l’origine des meilleurs programmes de ces dernières années va mal et n’a pas su renouveler sa grille de programmes suite aux arrêts de deux de ses séries phares, « Les Sopranos » et « Six feet under ». Nouvelles séries qui ne parviennent pas à s’imposer sur la durée (« Deadwood », « Rome ») ou échecs critiques cuisants (« John from Cincinnati »), HBO est en pleine crise et sa directrice des programmes, Carolyn Strauss, a été remerciée faute de discernement dans ses choix. Pendant ce temps, c’est Showtime,la chaîne concurrente qui fait parler d’elle, avec des programmes originaux et audacieux (« Masters of horror », « L Word », « Weeds ») dont le petit dernier, « Californication », s ‘inscrit naturellement dans la tradition trash, orientée sexe/ drogue et rock’n’roll de la chaîne. À l’image de la scène inaugurale de la saison 1, où David Duchovny qui interprète Hank,, écrivain en mal d’inspiration, traverse un cimetière au volant de sa Porsche, entre dans une église en jetant dans l’eau du bénitier son mégot de cigarette, puis interpelle le Christ sur la croix en l’accusant de sa crise d’écriture. Survient une nonne qui se propose, pour calmer sa colère, de lui administrer une petite gâterie sur l’autel du lieu Saint. Alors qu’elle commence à s’y employer, Hank se réveille brusquement dans son lit : tout cela n’était qu’un rêve érotique mystique ! Le ton est donné, celui d’une franche audace dans le paysage télévisé actuel, mais néanmoins circonscrite dans des limites où le bon goût est sans cesse tutoyé, sans jamais être dépassé. Ce soucid’équilibre dans la provocation se retrouve dans la caractérisation du personnage d’Hank, qui détermine les enjeux de la saison. L’écrivain en panne d’inspiration est dépressif, alcoolique, drogué, cynique, mais il cherche sans cesse à reconquérir le coeur de la mère de sa fille dont il est séparé. Le salut venant d’une structure familiale recomposée, voilà une morale qui aurait pu être incompatible avec le ton décalé de la série, mais qui in fine, constitue sa véritable raison d’être. Car d’un personnage antipathique, Hank devient soudainement humain et facilite ainsi l’identification du spectateur. Et surtout parce malgré les bons sentiments, la série n’est jamais victime du pathos qui aurait ruiné son propos.
« Californication » est en effet un modèle de rythme de comédie (chaque épisode dure environ 27 minutes) et d’écriture dont chaque ligne de dialogue fait mouche. Des sentences comme « You gotta be gentle with the brown eye. Mr Brown Eye's a sensitive man » , « You smell like pussy » ou « The ass is always greener » (que nous vous laissons le soin de traduire) sont instantanément cultes. La série s’emploie à créer des situations de comédie qui provoquent immanquablement l’hilarité du spectateur, comme cette partie à trois, avec une femme fontaine qui est sans doute le sommet d’humour provocateur de la saison. Avec un point de départ quasi identique, celui d’un homme de lettre séparé qui multiplie les conquêtes tout en cherchant à reconquérir son ex-femme, la série rappelle le « Dream On » de John Landis. Les deux séries ont en effet beaucoup de points communs : les deux personnages principaux, Martin Tupper et Hank Moody, travaillent dans le milieu de l’édition,.leurs femmes sont parties avec un autre dont la réussite sociale est éclatante, les deux cumulent les conquêtes féminines dont les ébats valent des situations burlesques inattendues, et ils ont chacun un alter ego, complice de leurs problèmes existentiels . Mais les deux programmes adoptent un style et un ton différents. Là où « Dream On » était une série concept dont la réussite reposait justement sur son procédé (l’inclusion de clips de vieux films en noir et blanc pour signifier les pensées de ses personnages), « Californication » s’appuie davantage sur l’impertinence de son propos et des situations, et s’inscrit dans un héritage littéraire issu de Nabokov (la référence directe à « Lolita »), Bukowski, Arthur Miller ou Bret Easton Ellis, tous cités explicitement.
Outre la référence sexuelle manifeste contenue dans son titre, « Californication » est aussi une série sur une ville, Los Angeles, qui ausculte ses habitants, son mode de vie, ses mœurs, son climat, son ambiance pour en donner une vision qui s’additionne et complète celle des autres grandes œuvres où la Cité des Anges est aussi un personnage central (au hasard, le quatuor de Los Angeles de James Ellroy, « Mulholland Drive » de Lynch, « « The Big Lebowski », « Sunset Boulevard », la musique des Beach Boys et…des Red Hot Chili Peppers !). Dans cet univers de tous les excès, les acteurs prennent un plaisir évident à jouer, David Duchovny en tête. C’est son véritable retour après l’arrêt de « X Files » et le rôle de Hank lui convient à tel point qu’on se demande qui d’autre aurait pu l’interpréter avec autant de justesse. Parmi les seconds rôles, tous excellents, qui gravitent autour de lui, on retrouve Natascha McElhone déjà vue dans le « Solaris » de Soderbergh mais surtout Evan Handler, excellent dans le rôle de Charlie, éditeur et ami de Hank, à qui l’on doit certaines des meilleures séquences de la saison (les séances sado-masos avec sa secrétaire, l’arrachage de téton, la femme fontaine déjà évoquée ci-avant…). Sans son happy-end hors de propos, qui handicape lourdement les perspectives de la saison 2, on aurait été tenté de parler d’un sans faute !
« Californication » est en effet un modèle de rythme de comédie (chaque épisode dure environ 27 minutes) et d’écriture dont chaque ligne de dialogue fait mouche. Des sentences comme « You gotta be gentle with the brown eye. Mr Brown Eye's a sensitive man » , « You smell like pussy » ou « The ass is always greener » (que nous vous laissons le soin de traduire) sont instantanément cultes. La série s’emploie à créer des situations de comédie qui provoquent immanquablement l’hilarité du spectateur, comme cette partie à trois, avec une femme fontaine qui est sans doute le sommet d’humour provocateur de la saison. Avec un point de départ quasi identique, celui d’un homme de lettre séparé qui multiplie les conquêtes tout en cherchant à reconquérir son ex-femme, la série rappelle le « Dream On » de John Landis. Les deux séries ont en effet beaucoup de points communs : les deux personnages principaux, Martin Tupper et Hank Moody, travaillent dans le milieu de l’édition,.leurs femmes sont parties avec un autre dont la réussite sociale est éclatante, les deux cumulent les conquêtes féminines dont les ébats valent des situations burlesques inattendues, et ils ont chacun un alter ego, complice de leurs problèmes existentiels . Mais les deux programmes adoptent un style et un ton différents. Là où « Dream On » était une série concept dont la réussite reposait justement sur son procédé (l’inclusion de clips de vieux films en noir et blanc pour signifier les pensées de ses personnages), « Californication » s’appuie davantage sur l’impertinence de son propos et des situations, et s’inscrit dans un héritage littéraire issu de Nabokov (la référence directe à « Lolita »), Bukowski, Arthur Miller ou Bret Easton Ellis, tous cités explicitement.
Outre la référence sexuelle manifeste contenue dans son titre, « Californication » est aussi une série sur une ville, Los Angeles, qui ausculte ses habitants, son mode de vie, ses mœurs, son climat, son ambiance pour en donner une vision qui s’additionne et complète celle des autres grandes œuvres où la Cité des Anges est aussi un personnage central (au hasard, le quatuor de Los Angeles de James Ellroy, « Mulholland Drive » de Lynch, « « The Big Lebowski », « Sunset Boulevard », la musique des Beach Boys et…des Red Hot Chili Peppers !). Dans cet univers de tous les excès, les acteurs prennent un plaisir évident à jouer, David Duchovny en tête. C’est son véritable retour après l’arrêt de « X Files » et le rôle de Hank lui convient à tel point qu’on se demande qui d’autre aurait pu l’interpréter avec autant de justesse. Parmi les seconds rôles, tous excellents, qui gravitent autour de lui, on retrouve Natascha McElhone déjà vue dans le « Solaris » de Soderbergh mais surtout Evan Handler, excellent dans le rôle de Charlie, éditeur et ami de Hank, à qui l’on doit certaines des meilleures séquences de la saison (les séances sado-masos avec sa secrétaire, l’arrachage de téton, la femme fontaine déjà évoquée ci-avant…). Sans son happy-end hors de propos, qui handicape lourdement les perspectives de la saison 2, on aurait été tenté de parler d’un sans faute !
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