[Série Tv] "The West Wing" : de Santos à Obama

Publié le par Frédéric RACKAY

Les spectateurs de la série « A la maison blanche (The West Wing) » et les observateurs réguliers de la campagne présidentielle américaine auront sans doute constaté un phénomène de coïncidence troublant entre les événements de la fictions télévisée et les faits réels du processus électoral tel qu’il se déroule actuellement. Les deux dernières saisons du chef d’œuvre télévisuel d’Aaron Sorkin permettaient en effet de vivre de l’intérieur l’expérience d’une campagne présidentielle visant à élire le prochain résidant du bureau ovale de la Maison Blanche. Au cœur d’une immersion passionnante dans les arcanes du vote proprement dit, exceptionnellement détaillée et documentée, le spectateur pouvait établir de multiples similitudes entre la fiction et la réalité. La première consiste en une ressemblance frappante entre le candidat Santos, celui de la série et le sénateur Obama. Tous deux sont en effet quadragénaires, charismatiques, issus d’un milieu modeste et d’une origine ethnique minoritaire, connaissent une ascension politique fulgurante, basée sur un programme qui privilégie les questions de santé et d’éducation.

(le badge de campagne du candidat Matthew Santos dans "The West Wiong")

« The West Wing » semble presque avoir anticipé le candidat démocrate avec deux ans d’avance puisque la diffusion de la saison finale de la série a eu lieu en 2006 ! Étonnant ? Pas tant que cela puisque le Guardian a révélé en février dernier que les scénaristes de la série avaient repéré dès 2004 le jeune parlementaire Obama qui allait servir d’inspiration pour le personnage de Santos. Une intuition tout de même visionnaire qui ne s’arrête pas là puisque le film de l’élection présidentielle décrit dans « The West Wing » fait écho à l’actualité réelle : des primaires démocrates très serrés où les candidats à l’investiture eurent du mal à se départager, le choix d’un vice président plus expérimenté en matière de politique étrangère pour compenser les manques de Santos en relations internationales, un candidat républicain plébiscité par son parti et beaucoup plus âgé que son concurrent…

(à gauche : Jimmy Smits qui joue le rôle de Matthew Santos dans la série, à gauche : Barack Obama)

S’il fallait  inverser le sens de la citation de Tom Clancy affirmant que «la différence entre la réalité et la fiction est que la fiction doit être vraisemblable », on pourrait affirmer au regard de la force visionnaire d’une série comme « The West Wing » qu’elle a au contraire permis à la réalité d’être vraisemblable. En préparant l’opinion à l’hypothèse d’une présidence afro-américaine, la fiction du petit écran pourrait permettre un changement historique dans les modes de pensée, et peut-être de faire la différence lors du vote du 5 novembre. Une série comme « 24 heures chrono », pourtant diffusée sur la Fox, détenue par Ruppert Murdoch, soutien de George Bush, et critiquée pour justifier le patriot act, la torture et favoriser l’amalgame entre terrorisme et muslmans, pourrait aussi jouer un rôle dans la campagne présidentielle américaine. Avec ses deux présidents Noirs, David et Wayne Palmer, cette série addictive et anxiogène pourrait de la même façon que « West Wing » créer la rupture nécessaire dans les esprits pour porter aux plus hautes fonctions de la magistrature le premier Président Noir Américain de l’Histoire. Dans « The West Wing », Matthew Santos remportait les élections et entrait à la Maison Blanche dans le dernier épisode de la série. Nous saurons dans quelques jours si la réalité dépassera la fiction, si l’élection connaîtra une conclusion identique, symbole de l’espoir et du changement que tout le monde attend de la première puissance mondiale.
Publicité

Publié dans Série Tv

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Merci infiniment Marc, je suis très fier d'avoir inspiré l'excellentissime "Dvd et bonus" sur Europe 1  Et j'imagine parfaitement l'émotion de revoir les derniers épisodes de la saison 7 dans de telles circonstances !Finalement, les effets de coïncidence se sont prolongés historiquement et continuent encore comme tu le fais remarquer dans ton sujet (la nomination du chief of staff  d'Obama inspiré de Josh Lyman, incroyable !) 
Répondre
G
ExcellentPost remarquable. Je me suis permis de m'en inspirer pour ma chronique d'aujourd'hui.Et le je me suis offert le luxe de regarder les 7 derniers épisodes de la série. Juste sublime.Les larmes aux yeux, tout le temps.
Répondre
J
grazie Maître Fred
Répondre