[Top 10] Notre Palmarès Ciné 2006
La Nouvelle Année, c’est la période des vœux, de la galette des Rois, mais surtout des Palmarès qui fleurissent sur tous les sites spécialisés et dans la presse dédiée.
Ne faillisons pas à la règle : voici notre Top 10 de l’année 2006, sans ordre cette fois mais avec deux niveaux de classements.
Les infiltrés
Décidemment, depuis qu’il fait équipe ensemble, le duo Di Caprio/ Scorcese ne connaît pas de creux de la vague. Après deux films en costumes, « Les Infiltrés » dresse un portrait du banditisme bostonien. Scorcese, en remakant un classique du cinéma coréen, offre une grande fresque aux personnages tragiques et iconiques, dans un montage complexe et ambitieux et avec une mise en scène d’une virtuosité discrète. Le casting quatre étoiles finit de porter le film au niveau des plus grands classiques du cinéma de gangsters : Di Caprio dégage une brutalité inattendue,, Nicholson égale la folie qu’il manifestait dans Shining, et le reste de l’interprétation est à l’avenant, qu’il s’agisse de Martin Sheen, Matt Damon ou Mark Wahlberg, tous parfaits.
Je vais bien, ne t’en fais pas
Notre coup de cœur de l’année, un film touchant, à la fois portrait d’une adolescence loin des clichés, description d’une vie de banlieue résidentielle et film bouleversant sur l’absence. Mélanie Laurent est extraordinaire de justesse en girl next door et Kad Merad parfait dans un rôle ingrat mais tragique. Le film de Lioret hante longtemps le spectateur après la projection lorsqu’à la faveur du twist final, il révèle son véritable sujet.
(Lire notre critique)
Lady Chatterley
Pascale Ferran transcende l’image d’Epinal du roman de D.H. Lawrence pour en proposer une adaptation politique, sociale, naturaliste et sexuée où la mise en scène, d’une rare intelligence formelle et thématique permet à des comédiens en état de grâce d’exprimer la capacité de leur talent. Marina Hands est magnifique.
(Lire notre critique)
Miami Vice (Unrated)
Michael Mann surprend là où on ne l’attendait pas forcément. En adaptant la série télé qui l’a rendu célèbre, on prévoyait un buddy-movie musclé et dopé aux testostérones. Miami Vice déjoue les pronostics et propose l’histoire de flics amoureux de deux femmes fortes, avec un rôle magnifique pour Gong Li, sans doute le plus beau personnage féminin de l’année. Face à ces entractes romantiques où les figures masculines se font mener par le beau sexe, l’intrigue policière en deviendrait presque accessoire.
S’il n’atteint pas les fulgurances de Collateral, il serait ridicule de penser que Michael Mann se contente de s’amuser avec ses caméras HD. Le réalisateur soigne ses cadres et impose un montage serré, dessine une forme de fuite en avant perpétuelle, telle que représentée par les différentes figures de la vitesse signifiée par les bolides, avions, et hors bords qui traversent le cadre comme des comètes.
Le nouveau Monde
En portant à l’écran l’histoire archiconnue de Pocahontas et son amour avec John Smith, Terrence Malick évite la reconstitution consensuelle et filme la rencontre entre deux peuples et a fortiori entre deux êtres. « Le nouveau monde » en question serait alors à la fois le territoire investi par les premiers colons d’Amérique, mais aussi la découverte de l’autre, l’ouverture au sentiment amoureux. Malick filme une sorte de poème visuel, avec sa logique de rimes et de répétitions. Splendide et émouvant.
(Lire notre critique)
Casino Royal
Le Bond du renouveau ! L’origine de la mythologie enfin dévoilée ! Une structure qui ne vise pas la facilité : après un premier tiers entièrement basé sur des scènes d’action stupéfiantes, la deuxième partie entretient d’avantage un vrai climat de suspens autour d’une partie de poker anthologique. Puis le film se clôt sur un épisode romantique inhabituel dans la série, mais qui permet de comprendre le personnage, sa froideur glacée, son désir de ne pas se lier aux femmes. Daniel Craig est parfait en Double Zéro Sept. Il réinvente le personnage, lui donne chair en faisait couler le sang sur le blanc de son smoking. La franchise est relancée : on attend la suite !
The Devil’s rejects
Le film le plus jusqu ‘au boutiste de l’année et la confirmation du tempérament barge de Rob Zombie, dont on attend déjà de pied ferme son remake d’Halloween. « Devil’s rejects » évite la structure classique des films d’horreur teenage (arrivée dans un lieu hostile/ rencontre avec l’inconnu/ poursuite vociférante) en proposant la cavale sanglante de la famille de dégénérés qu’est les Firefly, déjà à l’œuvre dans « La maison des 1000 morts ». Rob Zombie ne cherche pas la petite trouille du samedi soir, il vise à mettre le spectateur mal à l’aise sans complaisance, à le prendre par l’estomac pour l’entraîner dans une virée mortelle où tout repère moral est absent.
(Lire notre critique)
Inside Man
Après « 24 heures après la nuit », Spike Lee tourne encore un grand film sur le New-York post 11 septembre, sous le couvert d’un film de casse classique, mais classieux. « Inside man » dresse un portrait de la population hétéroclite de la « Grosse Pomme » et désigne les vrais coupables des attentats du World Trade Center : les notables véreux et cyniques, les puissants qui tirent les ficelles en sous main au détriment de toute moralité ou conscience.
(Lire notre critique)
Munich
Spielberg se lance dans le « vigilante » politique et polémique. Avec cette histoire de vengeance sous fonds d’attentats aux J.O. de Munich, le réalisateur puise son inspiration dans le meilleur du cinéma « hardboiled » des années 70. Eric Bana, pourtant plutôt mauvais par ailleurs, incarne magnifiquement la spirale de folie et de paranoïa sans issue et le casting international sans faute – Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, daniel Craig (dont la froideur préfigure le James Bond nouveau), Mathieu Kassovitz – finissent de nous convaincre : « Munich » est une nouvelle pièce maîtresse d’un réalisateur à qui tout réussit.
V pour Vendetta
Étonnant qu’un film qui justifie le recours au terrorisme ait vu le jour dans le giron d’un grand studio comme la Warner. « V pour Vendetta » se situe en outre dans un régime totalitaire , s’il trouvait son origine dans les années Thatcher au moment où il la Bd a été écrite, renvoie aujourd’hui directement au contexte politique international, à Bush et au 11 septembre, Un grand film couillu en somme, courageux, engagé et romantique.
(Lire notre critique)
Pour être tout à fait juste, signalons les quelques films que nous n’avons pas pu voir cette année et qui auraient très bien pu figurer dans notre palmarès : The host, Babel, Mémoires de nos pères, Cœurs, The Foutain, Black Book, Children of Men, Le Labyrinthe de Pan.
Enfin, nous ne dresserons pas le Flop 2006 car nous n’aimons pas suffisamment nous faire du mal en allant voir « Serenity », « Aeon Flux » ou « Basic Instinct 2 » alors qu’il se joue par ailleurs d’autres très bons films que nous n’avons même pas pu visionner. Signalons cependant les quelques déceptions de l’année, des films dont nous attendions beaucoup et qui se sont révélés des échecs à nos yeux pour différentes raisons : « Superman returns », « Marie-Antoinette », « La science des Rêves », et surtout « Silent Hill », qui détient de loin la Palme du film grotesque le plus prétentieux de l’année.
Ne faillisons pas à la règle : voici notre Top 10 de l’année 2006, sans ordre cette fois mais avec deux niveaux de classements.
Le peloton de tête (Sans ordre):
Les infiltrésDécidemment, depuis qu’il fait équipe ensemble, le duo Di Caprio/ Scorcese ne connaît pas de creux de la vague. Après deux films en costumes, « Les Infiltrés » dresse un portrait du banditisme bostonien. Scorcese, en remakant un classique du cinéma coréen, offre une grande fresque aux personnages tragiques et iconiques, dans un montage complexe et ambitieux et avec une mise en scène d’une virtuosité discrète. Le casting quatre étoiles finit de porter le film au niveau des plus grands classiques du cinéma de gangsters : Di Caprio dégage une brutalité inattendue,, Nicholson égale la folie qu’il manifestait dans Shining, et le reste de l’interprétation est à l’avenant, qu’il s’agisse de Martin Sheen, Matt Damon ou Mark Wahlberg, tous parfaits.
Je vais bien, ne t’en fais pasNotre coup de cœur de l’année, un film touchant, à la fois portrait d’une adolescence loin des clichés, description d’une vie de banlieue résidentielle et film bouleversant sur l’absence. Mélanie Laurent est extraordinaire de justesse en girl next door et Kad Merad parfait dans un rôle ingrat mais tragique. Le film de Lioret hante longtemps le spectateur après la projection lorsqu’à la faveur du twist final, il révèle son véritable sujet.
(Lire notre critique)
Lady ChatterleyPascale Ferran transcende l’image d’Epinal du roman de D.H. Lawrence pour en proposer une adaptation politique, sociale, naturaliste et sexuée où la mise en scène, d’une rare intelligence formelle et thématique permet à des comédiens en état de grâce d’exprimer la capacité de leur talent. Marina Hands est magnifique.
(Lire notre critique)
Miami Vice (Unrated)Michael Mann surprend là où on ne l’attendait pas forcément. En adaptant la série télé qui l’a rendu célèbre, on prévoyait un buddy-movie musclé et dopé aux testostérones. Miami Vice déjoue les pronostics et propose l’histoire de flics amoureux de deux femmes fortes, avec un rôle magnifique pour Gong Li, sans doute le plus beau personnage féminin de l’année. Face à ces entractes romantiques où les figures masculines se font mener par le beau sexe, l’intrigue policière en deviendrait presque accessoire.
S’il n’atteint pas les fulgurances de Collateral, il serait ridicule de penser que Michael Mann se contente de s’amuser avec ses caméras HD. Le réalisateur soigne ses cadres et impose un montage serré, dessine une forme de fuite en avant perpétuelle, telle que représentée par les différentes figures de la vitesse signifiée par les bolides, avions, et hors bords qui traversent le cadre comme des comètes.
Le nouveau MondeEn portant à l’écran l’histoire archiconnue de Pocahontas et son amour avec John Smith, Terrence Malick évite la reconstitution consensuelle et filme la rencontre entre deux peuples et a fortiori entre deux êtres. « Le nouveau monde » en question serait alors à la fois le territoire investi par les premiers colons d’Amérique, mais aussi la découverte de l’autre, l’ouverture au sentiment amoureux. Malick filme une sorte de poème visuel, avec sa logique de rimes et de répétitions. Splendide et émouvant.
(Lire notre critique)
Les poursuivants (sans ordre):
Casino RoyalLe Bond du renouveau ! L’origine de la mythologie enfin dévoilée ! Une structure qui ne vise pas la facilité : après un premier tiers entièrement basé sur des scènes d’action stupéfiantes, la deuxième partie entretient d’avantage un vrai climat de suspens autour d’une partie de poker anthologique. Puis le film se clôt sur un épisode romantique inhabituel dans la série, mais qui permet de comprendre le personnage, sa froideur glacée, son désir de ne pas se lier aux femmes. Daniel Craig est parfait en Double Zéro Sept. Il réinvente le personnage, lui donne chair en faisait couler le sang sur le blanc de son smoking. La franchise est relancée : on attend la suite !
The Devil’s rejectsLe film le plus jusqu ‘au boutiste de l’année et la confirmation du tempérament barge de Rob Zombie, dont on attend déjà de pied ferme son remake d’Halloween. « Devil’s rejects » évite la structure classique des films d’horreur teenage (arrivée dans un lieu hostile/ rencontre avec l’inconnu/ poursuite vociférante) en proposant la cavale sanglante de la famille de dégénérés qu’est les Firefly, déjà à l’œuvre dans « La maison des 1000 morts ». Rob Zombie ne cherche pas la petite trouille du samedi soir, il vise à mettre le spectateur mal à l’aise sans complaisance, à le prendre par l’estomac pour l’entraîner dans une virée mortelle où tout repère moral est absent.
(Lire notre critique)
Inside ManAprès « 24 heures après la nuit », Spike Lee tourne encore un grand film sur le New-York post 11 septembre, sous le couvert d’un film de casse classique, mais classieux. « Inside man » dresse un portrait de la population hétéroclite de la « Grosse Pomme » et désigne les vrais coupables des attentats du World Trade Center : les notables véreux et cyniques, les puissants qui tirent les ficelles en sous main au détriment de toute moralité ou conscience.
(Lire notre critique)
MunichSpielberg se lance dans le « vigilante » politique et polémique. Avec cette histoire de vengeance sous fonds d’attentats aux J.O. de Munich, le réalisateur puise son inspiration dans le meilleur du cinéma « hardboiled » des années 70. Eric Bana, pourtant plutôt mauvais par ailleurs, incarne magnifiquement la spirale de folie et de paranoïa sans issue et le casting international sans faute – Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, daniel Craig (dont la froideur préfigure le James Bond nouveau), Mathieu Kassovitz – finissent de nous convaincre : « Munich » est une nouvelle pièce maîtresse d’un réalisateur à qui tout réussit.
V pour VendettaÉtonnant qu’un film qui justifie le recours au terrorisme ait vu le jour dans le giron d’un grand studio comme la Warner. « V pour Vendetta » se situe en outre dans un régime totalitaire , s’il trouvait son origine dans les années Thatcher au moment où il la Bd a été écrite, renvoie aujourd’hui directement au contexte politique international, à Bush et au 11 septembre, Un grand film couillu en somme, courageux, engagé et romantique.
(Lire notre critique)
Pour être tout à fait juste, signalons les quelques films que nous n’avons pas pu voir cette année et qui auraient très bien pu figurer dans notre palmarès : The host, Babel, Mémoires de nos pères, Cœurs, The Foutain, Black Book, Children of Men, Le Labyrinthe de Pan.
Enfin, nous ne dresserons pas le Flop 2006 car nous n’aimons pas suffisamment nous faire du mal en allant voir « Serenity », « Aeon Flux » ou « Basic Instinct 2 » alors qu’il se joue par ailleurs d’autres très bons films que nous n’avons même pas pu visionner. Signalons cependant les quelques déceptions de l’année, des films dont nous attendions beaucoup et qui se sont révélés des échecs à nos yeux pour différentes raisons : « Superman returns », « Marie-Antoinette », « La science des Rêves », et surtout « Silent Hill », qui détient de loin la Palme du film grotesque le plus prétentieux de l’année.
Publicité