[Top 10] Les films les plus attendus de 2009

Publié le par Frédéric RACKAY

(par ordre alphabétique)

Etrange histoire de Benjamin Button (L')
Avec « Zodiac », David Fincher a réalisé son chef d’œuvre il y a deux ans, un classique instantané dont on peut affirmer que c’est le film de la maturité pour son réalisateur, entre le film d’enquête journalistique et le polar hard boiled des années 70. Avec « Benjamin Button », l’histoire d’un homme qui né dans le corps d’un vieillard et dont le métabolisme va remonter le temps pour rajeunir, Fincher doit faire face à plusieurs défis inédits. Un défi technique tout d’abord, puisqu’il s’agit de donner à Brad Pitt les traits d’un homme de 80 ans grâce au procédé de « motion capture », mais sans pour autant que le spectateur ne s’attarde sur la performance. De ce point de vue, les premières images du film sont rassurantes car les CGI sont parfaitement intégrés et ne monopolisent jamais l’attention. Deuxième challenge pour le cinéaste, filmer une histoire d’amour, une romance a priori impossible puisque le personnage principal ne cesse de remonter sa propre existence. Brad Pitt retrouve sa partenaire de « Babel », Cate Blanchett, déjà magnifique dans le film de Inarritu. Si David Fincher n’a jamais abordé d’histoire d’amour, on lui fait cependant confiance pour éviter le pathos et l’emphase gratuite, mais on espère surtout, à la vue de la bande-annonce, qu’il saura éviter les pièges d’un « Forrest Gump-like » où un personnage hors du commun traverse les événements historiques des Etats-Unis.  Le film est sorti aux Etats-Unis l’an dernier et a été accueilli avec unanimité par la critique et le public. Si le film tient ses promesses de fable poétique, on pourrait tenir là un nouveau chef d’œuvre de son auteur.




Inglourious basterds
Tarantino a l’art de transformer en or tout ce qu’il touche et transcende systématiquement les genres auxquels il choisit de se coller. Avec le diptyque « Kill Bill », il a mis un grand coup d’accélérateur à l’hommage référentiel puisqu’il a synthétisé dans un même film le chambara et le wu xia pan, la japanimation et la blaxploitation, le western spaghetti et le film d’horreur transalpin, Fulci et Misumi, Leone, Ford et Peckinpah. Avec « Boulevard de la mort », il réalise son rêve de mettre en scène la meilleure course-poursuite en voiture de l’histoire du cinéma. Et y parvient haut la main ! Il était donc logique que le bonhomme aille lorgner du côté du film de guerre, façon old school. Aussitôt annoncé, le projet a fait l’objet des rumeurs les plus invraisemblables concernant la distribution, les noms de Stallone, Di Caprio, Samuel L Jackson, Bruce Willis, Nastasia Kinski, Léa Seydoux, Louise Bourgouin ou Isabelle Huppert ont longtemps circulé. Si aucun de ces acteurs ne figurera au générique final, le casting n’en demeurera pas moins prestigieux avec Brad Pitt, Diane Kruger, Mike Myers, Michael Fassbender, Eli Roth et Mélanie Laurent. Du côté des rumeurs, Ennio Morricone doit écrire un score original pour le film mais Tarantino voulant présenter son bébé au prochain festival de Cannes, le compositeur ne planchera sans doute pas sur la totalité du « soundtrack », qui pourrait être complété par de la musique contemporraine (hip hop ? rap ?). Le film racontera l'histoire d'une bande de neuf déserteurs juifs-américains qui se voient offrir une seconde chance s'ils acceptent une mission suicide en territoire ennemi. Entrainé par le lieutenant Raine, le groupe va faire équipe avec l'actrice allemande et agent double Bridget Von Hammersmark (Diane Kruger) pour tenter d'assassiner les leaders du Troisième Reich. Ils vont ainsi croiser Shosanna Dreyfus, une gérante de cinéma qui veut venger l’execution de ses parents par un colonel nazi. Le film a une date de sortie outre-Atlantique : le 21 août. Et le jour où circulera sur internet lepremier teaser sera celui de la fête du slip !




Là-Haut
« Up » : ce seul titre résume à merveille ce que l’on pense de la qualité ascensionnelle de tout ce qui sort des studios Pixar, quel que soit le genre abordé. Qu’ils s’inspirent du comics (DC Comics et Marvel réunis pour « Les indestructibles »), de la littérature française (Rostand et Proust pour « Ratatouille »), du cinéma muet ou de Kubrick  (Chaplin, Keaton, « 2001 » pour « Wall E »), les bons génies du studio transcendent à chaque fois leurs pitches pour délivrer des chef d’œuvre d’animation qui donnent tout leur sens au terme de photo-réalisme. « Là-haut » devrait donc sans mal laisser la concurrence loin derrière avec cette histoire de Carl Fredricksen, un homme de 78 ans qui a passé sa vie à rêver d'explorer le globe et à vouloir vivre sa vie à 100%, mais dont les rêves ont disparu. Cependant, un jeune garçon aventurier de 8 ans appelé Russell va lui offrir une nouvelle vision de l'existence. Le film plongera le spectateur dans un incroyable voyage durant lequel un duo improbable devra affronter des créatures sauvages et des obstacles plus fous les uns que les autres. Le premier teaser, drôle, poétique et spectaculaire, laisse déjà deviner une inspiration qui pourrait lorgner du côté des Monty Python et donne furieusement envie !





Ponyo sur la falaise près de la mer

Que ce soit dit : « Ponyo sur la falaise… » est un nouveau chef d’œuvre de son auteur, Hayao Miyazaki, qui en retournant vers l’inspiration du conte, retrouve l’innocence et la simplicité de « Mon voisin Totoro ». Le réalisateur abandonne  ici les techniques 3D d’animation pour un travail sur l’aquarelle qui saisit avec plus de spontanéité le monde des enfants, leur point de vue qui mélange le réel et l’imaginaire, le merveilleux. Avec cette histoire inspirée de la petite sirène, Miyazaki aborde toute une série de thèmes qui lui sont familiers, l’enfance – donc – dont il est l’observateur privilégié, l’apprentissage et la responsabilité, le respect de la nature et de l’environnement (ici la mer, après la forêt de « Mononoke ») en évitant systématiquement le manichéisme et en respectant les points de vue. Le film, qui comporte quelques morceaux de bravoures magnifiques (de ballets aquatiques) est un pur moment de magie dont on ressort le sourire aux lèvres.




Road
(The)
Si le meilleur film de 2008 est une adaptation d’un roman de Cormac McCarthy, il faut dire que l’écriture de l’auteur sur « No Country for old men » convenait parfaitement à une transposition cinématographique. Description minutieuse et très précise, dramaturgie alternant le point de vue du tueur et de sa cible, déchaînement de violence, réflexion sur le mal, sur la violence, définition précise du territoire comme unité de lieu, les frères Coen ont compris qu’un tel roman se prêtait à une adaptation littérale. Mais avec « La route », roman eschatologique, McCarthy déconstruit encore davantage son écriture pour n’en conserver qu’un squelette, impose un faux rythme rompu par des visions d’horreur insoutenables. On se demande comment John Hillcoat (dont « The Proposition » est encore inédit chez nous ») pourra saisir la poésie noire de McCarthy sans tomber dans le cinéma post apocalyptique façon « Mad max » ou « Doomsday ». Comment traduire en image un passage comme « Il neige (…) un seul flocon  gris qui descendait , lentement tamisé. Il le saisit dans sa main et le regarda expirer là, comme la dernière hostie de la chrétienté », en traduisant la sombre beauté des mots ?




Star Trek
« Star Trek begins » ! Pour relancer une franchise dont les multiples incarnations (The Original Series, The Next Generation, Voyager, Deep Space Nine, Enterprise) se sont déclinées jusqu’à l’épuisement, rien de tel que de remonter aux sources du mythe pour remobiliser les fans et exciter les geeks. Si le procédé peut être couronné de succès (on pense à « Batman Begins » de Nolan), le risque est de contrarier la communauté de fans hardcore, les fameux trekkies dont les comportements de gardiens du temple peuvent relever de l’intégrisme pur et simple dès qu’il s’agit de toucher aux oreilles de Monsieur Spock. Pourtant, la démarche est tout autre, voire purement à l’inverse de l’esprit de clocher : élargir l’audience de la série au plus grand nombre, et de surcroît à un public français qui ne s’est jamais réellement passionné pour les aventures du vaisseau Entreprise.Difficile tâche donc, qui incombe à JJ Abrams, créateur de « Lost » et « Fringe » pour le petit écran, et réalisateur de « Mission : Impossible 3 » au cinéma, dont on ose dire qu’il s’agit du meilleur épisode de la série (devant De palma, oui !). La présence de Leonard Nimoy viendra sans doute rassurer les fans, comme les propos de William Shattner qui garantit que le moindre détail de la série a été respecté. Et pour calmer ce petit monde, une projection d’un bout à bout de 25 minutes a été montré à un parterre de journalistes français en novembre dernier, parmi lesquel NOTRE Monsieur Série National, Alain Carrazé dont les propos sur son BLOG mettent l’eau à la bouche, « Star Trek 11 » semblant renouveler totalement la franchise !





Terminator – Renaissance
Si les deux « Terminator » de James Cameron ont produit un impact aussi durable sur les spectateurs, c’est qu’en plus d’un concept de science-fiction unique, le réalisateur a porté à l’écran des éléments dramatiques puissants, avec des personnages très forts. Le troisième épisode de la série, réalisé par Jonathan Mostow, s’il n’apportait absolument rien d’un point de vue de la dramaturgie et du mythe de la franchise, n’était pas si honteux  d’un strict point de vue du spectacle même s’il ne faisait que recycler le s meilleurs éléments des deux premiers opus. L’annonce d’un quatrième volet, de surcroît réalisé par McG laissait craindre le pire, le réalisateur des « Charlie’s Angels » n’ayant jamais manifesté rien d’autre qu’un second degré systématique en se reposant sur des effets clipesques. Cette réaction initiale fut cependant contredite par une série d’annonce plaidant en faveur du projet. Tout d’abord, les déclarations de McG s’affirmant fan de la série et lui vouant le plus grand respect, au contraire d’un JJ Abrams au sujet de « Star Trek ». Ensuite, l’hypothèse de découvrir la guerre qui opposa les humains aux machines et comment John Connor devint une légende de la résistance est la proposition la plus excitante pour les fans de la franchise et celle jadis envisagée par Gale Anne Hurd, la productrice des débuts si une suite avait été réalisée par James Cameron. Enfin, l’arrivée de Christian Bale sur le projet et la réécriture complète du script par le frère de Christopher Nolan, Jonathan, auteur du scénario de « Memento ». Des indices qui laissent finalement suppposer que le projet est entre de bonnes mains, comme semble le confirmer le premier trailer spectaculaire, au production design convaincant, entre « The Dark Knight » et « Transformers ».






Thirst
Pour l’essentiel du pubic, Park Chan Wook se résume à sa « trilogie de la Vengeance » et notamment à « Oldboy » dont le succès et le culte que certains lui vouent ne se dément pas. Hâtivement comparé à Tarantino (dès qu’il s’agit de violence, le nom du réalisateur de « Reservoir Dogs » revient commodément sur la table) alors que le réalisateur a plus à voir avec David Fincher, Park Chan Wook a voulu casser son image et oublier la Loi du Talion à la faveur d’un  « Je suis un Cyborg » déconcertant. Gros bonbon acidulé un peu fou mais traversé d ‘éclairs de violence inattendus, le film a accéléré la tombée en disgrâce du réalisateur auprès de ceux qui n’attendaient de lui qu’une répétition de ce qu’il a prouvé savoir très bien faire. Park Chan Wook revient vers des territoires plus connus avec cette fois un film de vampire. "Thirst " raconte l’histoire d’un prêtre dévoué et aimé de ses fidèles, qui décide de participer à un traitement expérimental visant à soigner une maladie mortelle. Une expérience qui malheureusement va mal tourner et le transformer petit à petit en vampire à l’âme torturée. Des changements physiques et psychologiques, qui vont l’amener à entamer une liaison avec l’épouse de son ami d’enfance, dont il tombe éperdument amoureux. Mais peu à peu, l’homme qui fut un jour un prêtre respecté, va profondément sombrer dans le désespoir et la dépravation, jusqu’à devoir lutter pour sauver ce qui lui reste d’humanité. Côté casting, on retrouvera l’excellent Song Kang-ho (Memories of murder, The Host) dans le rôle principal, au côté de Shin Ha-kyun (Sympathy for Mr. Vengeance, Save the Green Planet !) qui a bien voulu accepté un rôle refusé par d’autres comédiennes en raison de la charge érotique que devrait contenir le film, de nombreuses scènes « chaudes » devraient en effet peupler ce long métrage.




Tree of life
Dix ans entre « Les moissons du ciel » et la « Ligne rouge », sept ans entre ce dernier et «Le nouveau Monde » qui date de 2006, et déjà la promesse d’un nouveau film de Terrence Malick pour cette année ! La patience des admirateurs du cinéaste est de moins en moins mise à l’épreuve, ce qui n’empêche pas les conjectures les plus folles d’entourer la sortie de ce « Tree Of life ». D’abord envisagé comme la quête d’un arbre doté de pouvoirs surnaturels tels que l’immortalité et la fertilité, le film a ensuite été décrit comme un projet d’une ambition folle sur l’évolution de l’univers où une créature qui ressemble au Minotaure, tapie dans l’eau, observait la naissance des premiers végétaux, puis des dinosaures jusqu’à la naissance de l’homme. Finalement, le film est décrit par son auteur même comme « une épopée cosmique, un hymne à la vie », qui suit le point de vue du personnage de Jack, un enfant de onze ans du Middle West qui voit le monde à travers « les yeux de l’âme ».  «Le film s'assombrit lorsque Jack a pour la première fois un aperçu de la maladie, la souffrance et la mort. Le monde, autrefois glorieux, devient un labyrinthe. L'histoire se développe autour de la quête de Jack adulte, une âme perdue en un monde moderne, à la recherche de ce qui demeure changeant en un monde dont les schémas demeurent les mêmes au fil du temps. (...) Plus tard, armé d'une nouvelle compréhension du monde qui lui fait voir en chaque chose un miracle, il deviendra capable de pardonner ses erreurs à son père et faire ses premiers pas sur le chemin de la vie. Le film s'achève dans l'espoir, prenant acte de la beauté et la joie que recèlent chaque chose, chaque jour, et par dessus tout la famille - notre première école -, ce lieu où la plupart d'entre nous apprennent la vérité du monde et de nous-même, ou découvre la leçon de vie la plus importante, celle d'un amour altruiste, sans égoïsme. ». Un résumé terriblement excitant qui nous fait troquer une fresque inter-générationelle à la « The Fountain » contre un drame intimiste qui permettra sans doute à Malick de déployer la poésie visuelle dont il est coutumier. Brad Pitt qui remplace Heath Ledger dans le rôle principal sera entouré de Jessica Chastain et de Sean Penn.





Wrestler
(The)
On attend le nouveau film de Darren Aronofski pour vérifier l’impression que l’on a de ce réalisateur, de notre point de vue largement surestimé. Son « Pi » était trop sous influence lynchienne pour être tout à fait honnête. « Requiem for a dream » reposait pour l’essentiel sur des effets clipesques (split screen, caméra assujettie, montage ultra cut) et la bande son du Kronos Quartet, et le choc initial produit par le film ne supportait pas une seconde vision. « The Fountain » malgré un propos très ambitieux échouait à force de symbolisme pompier, d’un propos philosophico-mystique pompeux, voire prétentieux. « The wrestler » semble a priori reposer sur son acteur principal, Mickey Rourke, ici dans le rôle d’un catcheur sur le retour, vieillissant, blessé physiquement et psychologiquement, mais aussi sur les effets de concordance et de similitude entre les trajectoires du héros de fiction et  du comédien qui l’interprète. Un tel argument rappelle sans équivoque le sujet de « Rocky Balboa », l’alter ego de Sylvester Stallone dont le come-back nostalgique et émouvant avait convaincu. Il faudra que « The wrestler » propose autre chose qu’un simple cross over dans le monde du catch de l’histoire de l’Etalon Italien pour nous réconcilier avec Darren Aronofski.



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Publié dans Top 10

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