[Dvd] Le vase de sable
Quatre ans avant « L’été du démon », Yoshitaro Nomura adapte un roman de Seichö Matsumuto, considéré comme le Simenon japonais. La comparaison avec le créateur des Maigret était manifeste concernant « L’été du démon », avec ses éléments d’observation sociale et de réaction d’un homme ordinaire face à une situation qui le dépasse, ici un adultère qui obligeait un personnage à s’enfoncer dans ses pires retranchements. Dans « Le vase de sable », c’est au contraire un meurtre qui est à l’origine du récit, dont le seul indice est le mot « Kameda » prononcé par la victime avec un fort accent du Japon du Nord. Ce simple mot va agir comme une sorte de « Rosebud » et devenir une véritable obsession pour l’inspecteur Imanishi, qui du nord au sud du pays, va mener son enquête. Les multiples déplacements au plus profond du Japon rural, les plans de train et de voies ferrées, de chemin de terre conduisant à des villages reculés, de végétation luxuriante et d’océan déchaîné dessinent une forme labyrinthique, un réseau obscur dans lequel l’inspecteur s’enfonce et se perd au gré de son enquête. Toute la première partie du film est consacrée au travail laborieux de recueil d’indices, de témoignages qui pourraient confondre le tueur. La mise en scène est sans emphase,, ponctuée de panneaux indiquant la progression de l’enquête, dont on se demande si elle trouvera une issue. On pense dans ces moments à deux films tournant autour de meurtres non résolus. Le premier, « Memories of murder » de Joon-ho Bong a en commun avec « Le vase de sable » cette ambiance de ruralité et de mystère obscur qui s ‘épaissit d’avantage au fur et à mesure où le film avance. Le second est « Zodiac », le chef d’œuvre de David Fincher qui suivait au plus près le travail de fourmi d’inspecteurs de police et de journalistes et montrait leur obsession maniaque à faire éclater la vérité.

Cependant, la deuxième partie donne les éléments de réponse dans une longue séquence en flash-back alterné avec le récital d’un opéra dont la musique vient en écho aux événements ayant conduit au meurtre. Autant la première partie reposait sur une économie d’effets, une absence de suspens, autant la deuxième moitié est emphatique et n’évite pas toujours le pathos. Tetsuro Tamba jusque-là parfait en inspecteur précis et rigoureux, frôle presque le ridicule lorsqu’il expose, en réprimant des sanglots, les résultats de son enquête lui permettant de confondre le meurtrier. Tout concoure alors à susciter l’émotion chez le spectateur : le récit de ce père vagabond obligé d’abandonner son fils à cause de la lèpre, la musique symphonique ininterrompue qui sursignifie l’émotion, jusqu’à la photo qui déborde de lyrisme emphatique. La rupture de ton est brutale à ce point qu’on a l’impression que « Le vase de sable » se compose de deux films en un. Ceux qui ont goûté au classicisme de la première partie auront sans doute du mal à adhérer au débordement de sensibilité toute japonaise du deuxième acte. L’inverse est vrai aussi.
Le dvd publié par WildSide dans sa collection des Introuvables Pocket est techniquement irréprochable : il respecte en tous points les choix de photographie de Yoshitaro Nomura. Le master utilisé est exempt de défauts et seuls quelques arrières plans flottants trahissent la compression. Aucun bonus mais le prix est économique, 12,99 euros, alors on aurait tort de se priver d’une telle découverte.

Cependant, la deuxième partie donne les éléments de réponse dans une longue séquence en flash-back alterné avec le récital d’un opéra dont la musique vient en écho aux événements ayant conduit au meurtre. Autant la première partie reposait sur une économie d’effets, une absence de suspens, autant la deuxième moitié est emphatique et n’évite pas toujours le pathos. Tetsuro Tamba jusque-là parfait en inspecteur précis et rigoureux, frôle presque le ridicule lorsqu’il expose, en réprimant des sanglots, les résultats de son enquête lui permettant de confondre le meurtrier. Tout concoure alors à susciter l’émotion chez le spectateur : le récit de ce père vagabond obligé d’abandonner son fils à cause de la lèpre, la musique symphonique ininterrompue qui sursignifie l’émotion, jusqu’à la photo qui déborde de lyrisme emphatique. La rupture de ton est brutale à ce point qu’on a l’impression que « Le vase de sable » se compose de deux films en un. Ceux qui ont goûté au classicisme de la première partie auront sans doute du mal à adhérer au débordement de sensibilité toute japonaise du deuxième acte. L’inverse est vrai aussi.
Le dvd publié par WildSide dans sa collection des Introuvables Pocket est techniquement irréprochable : il respecte en tous points les choix de photographie de Yoshitaro Nomura. Le master utilisé est exempt de défauts et seuls quelques arrières plans flottants trahissent la compression. Aucun bonus mais le prix est économique, 12,99 euros, alors on aurait tort de se priver d’une telle découverte.
Publicité