[Dvd] Kamikaze Club
Ce qui frappe le spectateur à la vue de ce « Kamikaze Club » de Fukasaku, c’est la rupture de ton manifeste qu’a opéré le réalisateur entre cette œuvre de fin des années 60 et ses futurs chefs d’œuvre des années soixant-dix (tels que « Le cimetière de la morale », « Okita le pourfendeur », « Combat sans code d’honneur » ou « Guerre des gangs à Okinawa », tous sortis en coffrets chez Wild Side). On retrouve en effet tous les tics visuels propres au réalisateur dans « Kamikaze Club », comme le freeze framing, la voix-off, le passage de la couleur au noir et blanc, la caméra ultra mobile, les zooms, mais ici au service d’un ton beaucoup plus enlevé que dans les films noirs qu’il réalisera par la suite. C’est simple, on se croirait presque dans un film de Seijun Suzuki, avec son ambiance pop et sa légèreté de traitement. Alors que cette identité visuelle sera mise au service d’une violence de propos extrême par la suite, elle sert dans « Kamikaze Club » à créer des situations légères ou humoristiques. Par exemple, lorsqu’un des personnages principaux, Muraki est surpris à écouter une conversation concernant un trafic d’alcool, le yakuza lui propose de l’argent pour acheter son silence : « Tu n’as rien entendu ». Muraki se saisit des billets et dit « Je ne peux rien vous garantir ». Arrêt sur image, voix-off de Muraki qui commente la scène : «J’avais dit une connerie ! ». La suite nous le montre en train de se faire copieusement corriger pour son insolence. Ce second degré accompagne toute la première partie du film, qui décrit l’ascension de la joyeuse bande d’amis maîtres chanteurs grâce à de petites combines qui leur fournissent de l’argent facile.

Le film devient plus sombre et violent lorsque les maîtres chanteurs s’attaquent à plus forts qu’eux. Fukasaku y témoigne alors son nihilisme habituel, en mettant dos-à-dos les petites gens (qualifiés de lèches cul ou de gagne-petit), la mafia qui contrôle les ports maritimes, le petit banditisme, la presse et le monde politique, également pourris selon le réalisateur. La vision de la société japonaise par Fukasaku est extrêmement pessimiste et contrebalance l’insouciance et l’utopie des personnages principaux. Plus on monte dans les sphères de la politique et du pouvoir, plus on se heurte à la corruption et à la violence. C’est le triste constat que font les personnages de « Kamikaze Club » qui apprennent à leur dépend qu’on ne se frotte pas aussi facilement au milieu sans en payer le prix. « Blackmail is my life » - « Le chantage est ma vie » semblait être le titre anglais qui convenait le mieux à ce film de Fukasaku, mais sa traduction par « Kamikaze Club » trouve pourtant toute sa justification au regard du final désenchanté, où les actes du héros apparaissent comme une geste désespérée perdue d’avance.
Quintessence du style visuel et du propos socio-économique que fera encore passer Fukasaku par la suite, « Kamikaze Club » est jugé par son auteur même de film mineur et bâclé. Si on peut effectivement lui préférer ses œuvres des années 70 qui appartiennent au genre du yakuza-eiga, « Kamikaze Club » demeure plus qu’une simple curiosité pour les amateurs du cinéaste.
Le dvd est édité par Wildside dans la collection pocket des « Introuvables », c’est-à-dire en thinpack, ces petits boîtiers minces et transparents. La galette est dépourvue du moindre supplément, mais est proposée au prix attractif de 12,99 euros. Aucune excuse donc pour ne pas se procurer ce titre de toute urgence, d’autant plus que la copie proposée est de toute beauté, hormis dans quelques scènes nocturnes qui laissent apparaître un peu de grain.

Le film devient plus sombre et violent lorsque les maîtres chanteurs s’attaquent à plus forts qu’eux. Fukasaku y témoigne alors son nihilisme habituel, en mettant dos-à-dos les petites gens (qualifiés de lèches cul ou de gagne-petit), la mafia qui contrôle les ports maritimes, le petit banditisme, la presse et le monde politique, également pourris selon le réalisateur. La vision de la société japonaise par Fukasaku est extrêmement pessimiste et contrebalance l’insouciance et l’utopie des personnages principaux. Plus on monte dans les sphères de la politique et du pouvoir, plus on se heurte à la corruption et à la violence. C’est le triste constat que font les personnages de « Kamikaze Club » qui apprennent à leur dépend qu’on ne se frotte pas aussi facilement au milieu sans en payer le prix. « Blackmail is my life » - « Le chantage est ma vie » semblait être le titre anglais qui convenait le mieux à ce film de Fukasaku, mais sa traduction par « Kamikaze Club » trouve pourtant toute sa justification au regard du final désenchanté, où les actes du héros apparaissent comme une geste désespérée perdue d’avance.
Quintessence du style visuel et du propos socio-économique que fera encore passer Fukasaku par la suite, « Kamikaze Club » est jugé par son auteur même de film mineur et bâclé. Si on peut effectivement lui préférer ses œuvres des années 70 qui appartiennent au genre du yakuza-eiga, « Kamikaze Club » demeure plus qu’une simple curiosité pour les amateurs du cinéaste.
Le dvd est édité par Wildside dans la collection pocket des « Introuvables », c’est-à-dire en thinpack, ces petits boîtiers minces et transparents. La galette est dépourvue du moindre supplément, mais est proposée au prix attractif de 12,99 euros. Aucune excuse donc pour ne pas se procurer ce titre de toute urgence, d’autant plus que la copie proposée est de toute beauté, hormis dans quelques scènes nocturnes qui laissent apparaître un peu de grain.
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