[Série Tv] Master Of Horror saison 2 : The damned thing & Family

Publié le par Frédéric RACKAY

La série « Masters Of Horror », sur le papier, avait de quoi susciter l’excitation de n’importe quel fanatique du genre. Convoquer autour de 13 épisodes les plus grands noms de l’horreur et du fantastique devait logiquement hisser le projet à des niveaux supérieurs à la moyenne télévisuelle normale. Cependant, la première saison, malgré un casting de prestige – Argento, Carpenter, Landis, Hooper,  Miike…- a suscité beaucoup plus de controverse qu’elle n’a unanimement convaincu, animant le forums de discussions et provoquant la polémique.

La saison 2 démarre avec un nouvel épisode réalisé par Tobe Hooper, déjà auteur l’an dernier d’ un « Dance of the dead », décrié. Le réalisateur y manifestait une mise en scène hystérique, d’une radicalité tranchante et chargé d’une bande son heavy metal agressive. Peu de spectateurs ont goûté à ce cocktail  sur vitaminé dosé à l’excès. Avec « The damned thing » Hooper revient à davantage de classicisme pour livrer une histoire plutôt fumeuse de malédiction planant sur une petite ville du Texas où la folie s’abat sans autre forme d’explication. On ne peut pas affirmer que la saison 2 démarre avec cet épisode sous les meilleurs auspices. « The damned thing » est en effet ce qu’on a vu de pire dans les « Masters of Horror ». Si l’intrigue refuse de donner une explication au vent de folie qui agite les habitants de cette petite bourgade, elle cherche  cependant   à maintenir artificiellement un mystère autour d’une boîte qui pourrait livrer la clé de la malédiction. Hélas, sans réellement convaincre, pas plus que l’anti-cléricalisme hors de propos  que Tobe Hooper témoigne dans l’épisode, faussement provocateur et qui finit de discréditer totalement l’honnêteté du propos. Le vrai souci est que l’épisode ne dispose jamais des moyens de son ambition. On attendait des séquences d’émeute collective, avec une population plongée dans la folie meurtrière. Au final, tout cela est maintenu hors champs, à peine suggéré et surtout, jamais vécu par le spectateur comme une réelle menace. De plus, les effets spéciaux censés donner vie au monstre de pétrole (!) de la scène finale sont davantage ridicules que franchement convaincants. Comme l’interprétation de Sean Patrick Flannery, qui traîne la malédiction comme une âme en peine. L’acteur semble bloqué sur un mode de jeu unique, regard dans le vide et cheveux en pétard, et ne parvient jamais à incarner efficacement  les sentiments qu’il trimballe depuis qu’il a assisté, enfant, au massacre de ses parents qui se sont entretués devant ses yeux. Une bien piètre entrée en matière donc, qui permet légitimement de se demander  si Tobe Hooper, sorti de « Massacre à la tronçonneuse », n’est pas un auteur surestimé.


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John Landis avait lui aussi réalisé un épisode de la première saison, « The deer woman ». Si on y éprouvait beaucoup de plaisir à retrouver Brian Benben, acteur de la série culte « Dream On », l’épisode échouait à trouver la juste distance entre la parodie et l’hommage. Landis donnait tellement l’impression de ne pas croire en son sujet qu’il finissait in fine par dénigrer le genre. Dans « Family », John Landis use encore d’un ton mordant, mais cette fois au service d’une intrigue qui exigeait cette forme de traitement. L’histoire débute dans la rue d’une banlieue pavillonnaire qui évoque irrésistiblement Wisteria Lane. Arbres en fleur, enfants qui font du vélo, adultes effectuant leur jogging, la caméra qui capte ce tableau idyllique se rapproche d’une villa, passe par le trou de la serrure, visite l’intérieur, puis se dirige vers le sous-sol où le propriétaire des lieux s’emploie à dissoudre à l’acide un cadavre dans une baignoire. Ce travelling inaugural indique clairement la structure qu’empruntera cet épisode, c’est-à-dire l’opposition entre le dehors et le dedans, les conventions sociales et le secret, la normalité et la folie. George Wendt incarne magnifiquement ce personnage plongé dans la folie meurtrière avec la bonhomie physique qui le caractérise. Tout en rondeur, a priori tendre et inoffensif, il se révèle être un monstre qui se crée une famille de substitution avec les squelettes de ses victimes. Ce théâtre de l’horreur rappelle à l’évidence « Psychose » d’Hitchcock, référence à peine suggérée de John Landis. Le jeune couple qui vient de s’installer à côté de chez lui est a priori la future victime toutes désignée du serial killer. Mais ces voisins semblent avoir aussi un secret à cacher. Le twist qui conclut l’épisode retourne le rapport bourreau/ victime pour placer in extremis l’épisode sous le thème inattendu de la vengeance.
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Publié dans Série Tv

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