[Ciné] Monster House

Publié le par Frédéric RACKAY

Retrouver au générique de Monster House les noms de Spielberg et Zemeckis n’est pas vraiment une surprise, tant le film rappelle un e certaine forme de cinéma popularisée par les deux cinéastes (auxquels on peut rajouter Joe Dante) dans les années 80 avec des films comme E.T, les Goonies, Gremlins 1 et 2, ou Explorers. Ces quelques titres ont en commun de situer leur action dans un lieu quasi unique : un bout de rue d’une banlieue pavillonnaire, terrain de jeu de jeunes ados qui vont à l’occasion d’événements extraordinaires passer de l’adolescence à l’âge adulte. C’est aussi le cas de Dj, le personnage principal de Monster House qui à 12 ans commence tout juste à muer, et se heurte à l’incompréhension du monde adulte lorsqu’il affirme que la maison de l’autre côté de la rue, où habite l’effrayant Nebbercracker, pourrait être dotée d’une entité propre qui la hante. Seul son ami Powder le croit, et va l’aider à percer le secret de cette demeure. La réussite du film vient du point de vue adopté, qui se situe toujours à hauteur d’enfant, avec son imagination débordante, son audace et ses peurs, mais aussi ses défauts d’ »âge bête ». Gil Kenan, le réalisateur n’a pas fait le choix de gommer les grimaces grotesques de Powder ou les comportements immatures de ses personnages. Au contraire, cette caractérisation participe d’une observation juste de l’adolescence, période ingrate s’il en est et donne au film une finesse souvent absente des dessins animés actuels, plutôt adeptes du politiquement correct.

La technique d’animation utilisée ici, le Digital 3 D se basant sur la motion capture, peut dans un premier dérouter tant Pixar nous a habitué à une finesse de détail et de mouvements absents ici. Inutile d’espérer voir onduler la chevelure des personnages comme la fourrure de Sullivan dans Monstres et Cie, leur modélisation n’est pas ce qui impressionne le plus dans Monster House. Ce qui emporte l’adhésion, c’est davantage le véritable travail de mise en scène de Gil Kenan,  la diversité des ambiances lumineuses, des mouvements de caméra, et du jeu de références au cinéma d’horreur  qu’il développe sous forme de clins d’œil aux cinéphiles attentifs. Le film séduira donc les plus jeunes, car ils pourront s’identifier aux jeunes personnages, mais aussi aux plus grands car le scénario évite le manichéisme, même s’il plaide au final en faveur du respect de l’autre, et propose un nombre de situations où se mêlent l’aventure pure, le suspens, l’horreur et le fantastique.

C’est donc bien une formidable surprise que ce Monster House, qui nous venge d’une animation versant trop souvent dans l’infantilisme débilitant (certains Disney de récente mémoire) ou a contrario  dans l’irrespectueux de circonstance (Shrek).
Publicité

Publié dans Ciné

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article