[Série Tv] Prison Break, saison 2 (Spécial Rentrée TV U.S.)

Publié le par Frédéric RACKAY

Autant le dire tout net : la saison 1 de Prison Break avait déçu. Malgré son argument excitant d’ « escape movie » qui laissait augurer d’un habile croisement entre « 24 heures chronos » et « Oz », la série échouait très vite à convaincre, la faute à deux écueils absolument rédhibitoires. Un scénario dont les ficelles frisent régulièrement le grotesque en toutes circonstances : qu’il s’agisse des invraisemblances dans le plan d’évasion ou des clichés convenus concernant le complot politique qui se trame à l’extérieur,  il est impossible de prendre au sérieux une série dont les faiblesses d’écritures sont aussi manifestes. Deuxième inconvénient majeur : l’interprétation, très loin d’être au niveau d’une série événementielle. Que ce soit Wentworth Miller dans le rôle de Michael Scoffield, qui affiche en permanence la même expression de beau ténébreux, à Dominic Purcell, son frère Lincoln qui ne parvient jamais à donner vie à son rôle, en passant par Robin Tunney, pas crédible pour un rond dans le rôle de Véronica, avocate dont elle échoue à apporter le côté acariâtre qu’exigeait un tel personnage, le casting principal est une erreur sur toute la ligne. Heureusement rattrapé par les seconds rôles, Sucre, T Bag, John Abruzzi ou C Note, qui compensent une direction d’acteur aléatoire. Malgré cela, il faut bien l’avouer, le show réussissait souvent à remplir son contrat addictif, mais au prix d’insuffisances qui interdisent de considérer « Prison break » comme une grande série, à contrario d’un « 24 heures chronos », la série dont elle est la plus proche dans sa gestion du temps et rebondissements.



La fin de la première saison se terminait sur un cliffhanger frustrant pour le téléspectateur, et promettait une orientation nouvelle du récit. « Breaking was only the beginning » annonce la deuxième saison. Franchir les murs de Fox River n’était que la première épreuve des évadés qui doivent maintenant échapper à une horde de poursuivants lâchés à leurs trousses. Cette nouvelle direction promettait encore que du bon, à ce point que nous étions presque disposés à tirer une croix sur tout ce qui faisait échec dans les 22 premiers épisodes. Le premier épisode de cette saison 2 enterre très vite notre enthousiasme et nos maigres espoirs. Prison Break retombe rapidement dans tous les travers déjà constatés précédemment, à savoir un scénario qui redevient prévisible dans la propension qu’il a de tuer dans l’œuf toutes les possibilités de suspens offertes par l’intrigue, et qui ruine d’entrée les quelques idées audacieuses  qui ne resterons qu’à l’état de promesse. Ainsi, la possibilité d’avoir dehors les évadés de Fox River et enfermée dans une demeure dont elle ne peut pas s’échapper l’avocate Véronica était un retournement de situation dont auraient pu se jouer les scénaristes, mais qu’ils  anéantissent à la faveur d’un rebondissement interdisant cette option. Tant pis. De même, l’intérêt d’un nouveau personnage, l’agent du FBI Malone, qui pouvait laisser augurer d’un jeu du chat et de la souris passionnant avec Michael Scoffield, est immédiatement disqualifié par leurs dispositions respectives à anticiper les réactions de l’autre, sans que tout cela ne nous surprenne au final. Ainsi, l’agent Malone déchiffre dès le premier épisode le secret du tatouage de Michael Scoffield et ce dernier parvient déjà à régler les problèmes de logistiques rencontrés par les évadés, qu’il avait  anticipés dès le début, bien évidemment.

Prison Break risque donc de continuer sa route sur les bases instaurées dans la première saison. On espérait de tout cœur une nouvelle série, on n’a finalement que la même chose, pas déplaisant en soi, mais trop pétri de scories pour convaincre réellement.
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Publié dans Série Tv

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