[Ciné] "Jusqu'en enfer" : la critique
Sam Raimi fait partie de ces réalisateurs early 80's qui ont démarré leur carrière dans le cinéma de genre de l'horreur fauchée pour finir dans le système des studios hollywoodiens. C'est aussi le cas d'un Peter Jackson, dont on peut mesurer l'évolution entre ses « Brain Dead » et « Bad Taste » craspecs et la trilogie du « Seigneur des anneaux ». Dans une moindre mesure, si les débordements gores viscéraux de « Rage » ou « Frissons » de Cronenberg sont loin derrière lui, le réalisateur canadien n'a jamais abandonné son obsession de la violence, de la chair et des mutations du corps, mais en en donnant une version davantage mainstream, mais pas moins insidieuse. Tout est donc une question de renoncement aux aspirations du début, d'adapter ses thèmes au plus grand nombre sans se renier. Or, avec sa trilogie « Spider-Man », Sam Raimi a surtout donné l'impression de répondre strictement à un cahier des charges de blockbuster estival, sous la pression conjointe des studios et des fan du comics, en perdant sa propre âme de fanboy turbulent et provocateur.

L'annonce de son retour au genre qui l'a rendu célèbre avec « Evil Dead » avait donc de quoi réjouir les geeks allaités aux exploits de Ash et nostalgiques de Bruce Campbell, tout en faisant redouter un plan arriviste de retour aux sources calculé. Verdict ? « Jusqu'en enfer » est LE film d'horreur old school que nous attendions, pur moment de plaisir régressif qui nous transporte près de 30 ans en arrière à tel point qu'il peut s'envisager comme un remake d' « Evil Dead 2 » d'avant l'heure. Le film fonctionne sur le même principe du train fantôme ou du Grand Huit, une attraction de fête foraine où le réalisateur fait passer son personnage par toutes les formes d'agression physique et psychologiques. A cet égard, le personnage interprété par Alison Lohman peut être considéré comme un exact alter ego du Ash d' « Evil Dead », pauses iconiques incluses. Mais là où Raimi donnait il y a trente ans dans le gore cartoonesque, il verse ici davantage dans l'horreur répulsive, en faisant entrer par la bouche de son héroïne toutes sortes de liquides (sang, bave, liquide d'embaumement), d'insectes et de mouches, et en se jouant de tous les clichés du genre, de la maison hantée par les ombres de l'esprit malin à la séance de spiritisme paroxystique, en passant par la profanation nocturne de sépulture dans un cimetière en plein orage. Véritable retour aux sources des fondamentaux du genre, Sam Raimi venge le spectateur de tous les torture flicks déclinés à l'infini que subit le spectateur depuis des années. Il exclut en outre tout recours aux CGI pour utiliser les vieilles formules pour nous surprendre ou nous faire frissonner. Le sound design revêt ainsi une importance essentielle, sur le mode du « Boo ! Fais-moi peur ! », classique, mais redoutablement efficace !
Malin en diable, « Jusqu'en enfer » propose, au-delà de la simple lecture horrifique, un deuxième niveau d'interprétation. En effet, en soumettant le personnage d'Alison Lohman, banquière ayant refusé une prolongation de crédit à une vieille dame menacée d'expulsion, à une malédiction dont l'issue irréversible est la mort, Sam Raimi nous dévoile ni plus ni moins le sort qu'il réserve aux responsables de la crise des subprimes. Car si le spectateur peut ponctuellement éprouver dans l'empathie pour cette banquière, issue du milieu ouvrier agricole et fille d'alcoolique un peu gauche et naïve, son côté carriériste, son arrivisme sociale au dépend des classes inférieures vont la précipiter dans un pur cauchemar jusqu'à illustrer de façon radicale le titre du film lors d'un twist final cruel et implacable !

L'annonce de son retour au genre qui l'a rendu célèbre avec « Evil Dead » avait donc de quoi réjouir les geeks allaités aux exploits de Ash et nostalgiques de Bruce Campbell, tout en faisant redouter un plan arriviste de retour aux sources calculé. Verdict ? « Jusqu'en enfer » est LE film d'horreur old school que nous attendions, pur moment de plaisir régressif qui nous transporte près de 30 ans en arrière à tel point qu'il peut s'envisager comme un remake d' « Evil Dead 2 » d'avant l'heure. Le film fonctionne sur le même principe du train fantôme ou du Grand Huit, une attraction de fête foraine où le réalisateur fait passer son personnage par toutes les formes d'agression physique et psychologiques. A cet égard, le personnage interprété par Alison Lohman peut être considéré comme un exact alter ego du Ash d' « Evil Dead », pauses iconiques incluses. Mais là où Raimi donnait il y a trente ans dans le gore cartoonesque, il verse ici davantage dans l'horreur répulsive, en faisant entrer par la bouche de son héroïne toutes sortes de liquides (sang, bave, liquide d'embaumement), d'insectes et de mouches, et en se jouant de tous les clichés du genre, de la maison hantée par les ombres de l'esprit malin à la séance de spiritisme paroxystique, en passant par la profanation nocturne de sépulture dans un cimetière en plein orage. Véritable retour aux sources des fondamentaux du genre, Sam Raimi venge le spectateur de tous les torture flicks déclinés à l'infini que subit le spectateur depuis des années. Il exclut en outre tout recours aux CGI pour utiliser les vieilles formules pour nous surprendre ou nous faire frissonner. Le sound design revêt ainsi une importance essentielle, sur le mode du « Boo ! Fais-moi peur ! », classique, mais redoutablement efficace !
Malin en diable, « Jusqu'en enfer » propose, au-delà de la simple lecture horrifique, un deuxième niveau d'interprétation. En effet, en soumettant le personnage d'Alison Lohman, banquière ayant refusé une prolongation de crédit à une vieille dame menacée d'expulsion, à une malédiction dont l'issue irréversible est la mort, Sam Raimi nous dévoile ni plus ni moins le sort qu'il réserve aux responsables de la crise des subprimes. Car si le spectateur peut ponctuellement éprouver dans l'empathie pour cette banquière, issue du milieu ouvrier agricole et fille d'alcoolique un peu gauche et naïve, son côté carriériste, son arrivisme sociale au dépend des classes inférieures vont la précipiter dans un pur cauchemar jusqu'à illustrer de façon radicale le titre du film lors d'un twist final cruel et implacable !
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