[Ciné] Wolf Creek

Publié le par Frédéric RACKAY

Depuis quelques mois, le film d'horreur en génral et le survival en particulier connaissent une renaissance enthousiasmante à la faveur de réussites telles que « The descent », « Devil's rejects », le remake de « Massacre à la tronçonneuse », voire même celui de « La maison de cire », qui redonnent leurs lettres de noblesse à un genre déserté la décennie précédente, au profit d'un second degré stérile et hors de propos. Ce qui permet de se réjouir davantage encore de cet état de fait est la 
nouvelle carte géographique de l'horreur qui se dessine au travers des oeuvres mentionnées ci-dessus. Si les Etats Unis demeurent le pays à produire le plus dans cette catégorie, l'Angleterre avec un réalisateur comme Neil Marshall et même la France, avec Alexandre Aja, permettent une diversification voire une alternative aujourd'hui crédible au cinéma américain.

Avec « Wolf Creek », c'est à la naissance d'un nouveau maître australien à laquelle nous assistons. Greg McLean parvient au sein d'un genre ultra codifié à produire une oeuvre de référence à moults égards. A partir d'un script classique où trois randonneurs (un garçon, deux filles) partis visiter le site d'un cratère de météorite en plein désert se retrouvent entre les mains d'un dangereux psychopathe, le réalisateur se distingue par une authenticité et une crédibilité de tous les instants. Un panneau d'introduction nous avertit que l'histoire est basée sur des faits réels et ce souci de coller à la réalité se traduit par un tournage en numérique haute définition, qui permet, outre de capter de somptueuses images de décors australiens, de donner le sentiment d'assister à un journal vidéo, accroissant ainsi la complicité avec les personnages. Greg Mc Lean prend le temps de nous présenter ses protagonistes avant de les livrer au massacre. C'est ce qui  gênera sans doute les « impatients du gore », cette première heure pas uniquement d'exposition, où nous suivons Liz, Krystie et Ben, devenons complices de leur amitié, leurs sentiments, leurs rires. Cette première partie est absolument essentielle à la suite car elle permet de ressentir une compassion inconditionnelle pour eux lorsque le carnage commence. Ainsi, quand Liz est faite prisonnière et supplie son bourreau d'épargner sa vie, jamais on n'aura ressentie une telle proximité de la mort dans un film de récente mémoire. En outre, le sentiment de peur qui saisit le spectateur provient non pas d'une surenchère d'hémoglobine mais au contraire d'une menace omniprésente beaucoup plus sourde. Le tueur est effrayant non seulement par son caractère cruel et sadique, qui se manifeste par l'exécution de tortures insoutenables, il est aussi angoissant lorsqu'il n'est plus dans la scène, par le simple fait de son omniprésence et la simple possibilité qu'il surgisse à tout moment. « Massacre à la tronçonneuse » s'impose une nouvelle fois comme la référence du genre, la matrice dans laquelle viennent se plonger pour puiser l'inspiration toutes les générations de jeunes cinéastes. Tobe Hooper avait compris que pour faire naître le sentiment d'angoisse, il suffisait de jeter aux trousses d'une demoiselle apeurée un fou armé d'une arme et de les faire courir de nuit dans un environnement hostile. Greg Mclean en tire les leçons et évite ainsi toute surenchère sanglante au profit d'une frayeur plus efficace, proche du cauchemar éveillé.

Ce revival du film d'horreur hérité des 70's, qui trace un trait sur une décennie de « Scream-like » ayant renoncé à faire peur est la meilleure nouvelle du moment  pour les amateurs de sensations fortes. De grands cinéastes tels que Sam Raimi ou Peter Jackson ont commencé dans le genre avec la même économie de moyens et en faisant preuve de la même inventivité. On souhaite à Greg McLean de suivre le même itinéraire que ses illustres prédécesseurs.
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Publié dans Ciné

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