[Série Tv] Masters of Horror - 2ème partie

Publié le par Frédéric RACKAY

Jenifer est sans doute l'un des épisodes de l'anthologie le plus dérangeant et inconfortable. Réalisé par Dario Argento, il met en scène la fascination d'un policier pour la jeune femme qu'il a sauvé d'une tentative de meurtre, Jenifer. Celle-ci est muette et défigurée, le visage figé dans un espèce de rictus obscène et a des yeux énormes d'animal apeuré. Une complicité sexuelle naît entre les deux personnages qui va provoquer la chute sociale et mentale de l'homme. Jenifer met le spectateur mal à l'aise à la faveur des nombreuses scènes de sexe où se mêle un sentiment de fascination – Jenifer est plastiquement superbe et dégage une forte tension sexuelle quasi animale – et de répulsion – le visage défiguré en une grimace grotesque. La jeune femme est caractérisée comme une bête obéissant aux instincts primaux de reproduction et d'alimentation (elle dévore d'abord un chat domestique puis les voisins du quartier) et d'une jalousie meurtrière envers quiconque se dresserait entre elle et son amant. Dans sa folie prédatrice, elle va jusqu'à attirer un jeune homme dans son antre pour lui dévorer l'entre jambe dans un festin  cannibale à peine suggéré. On le voit, Dario Argento va très loin et ne s'autorise quasiment aucune censure. Il entraîne le spectateur dans la folie progessive de son personnage avec qui l'identification est d'autant plus aisée que toute l'histoire nous est présentée de son point de vue de plus en plus dérangé, jusqu'au final qui boucle la boucle et augure d'une nouvelle victime des charmes vénéneux de Jenifer.

Chocolate commence avec l'aveu, face caméra, du meurtre que le personnage principal vient de perpétrer. Jamie, célibataire divorcé narre à la police les événements qui l'ont conduit à son geste. Cet épisode commence comme la chronique intimiste d'un homme qui tente de reconstruire sa vie après une séparation, mais dont le quotidien est très vite contaminée par des événements peu ordinaires, qui commence par un goût de chocolat inhabituel dans la bouche. Jamie est sujet à des visions tout d'abord très mystérieuses et inexplicables. Puis il devient évident que lors de ces altérations de la conscience, il se retrouve dans la peau d'une femme dont il tombe amoureux. C'est la  partie la plus intéressante de cet épisode qui fait penser dans ses meilleures moments à David Lynch et à la « fugue psychogénique » de Lost Highway, dont l'humour n'est pas exclu lorsque Jamie découvre les plaisirs du sexe au féminin. L'idée d'utiliser le chocolat pour convoquer ces visions est excellente mais la suite n'est pas du même niveau. Dans son dernier acte, Chocolate échoue à nous surprendre quand Jamie cherche dans sa mémoire des indices qui pourront le conduire à cette femme. Sa rencontre avec elle devient excessivement bavarde et on sent bien que Mick Garris peine à conclure le récit. Le dernier tiers part en roue libre et ne nous offre hélas rien de plus que le meurtre annoncé dès le début. Dommage.

Homecoming est l'épisode le plus politique de la série, il occupe une place un peu particulière dans l'anthologie car le postulat fantastique n'est pas utilisé pour faire peur mais sert de prétexte à une charge virulente de l'administration Bush. Les victimes de la guerre en Irak rapatriés aux États-Unis reviennent à la vie non pas pour se nourrir de chair humaine mais pour participer au vote présidentiel ! Joe Dante brocarde avec un plaisir évident l'univers cynique de la politique, de l'armée  et des médias pour livrer une satire jubilatoire du contexte politique américain actuel.

(à suivre)
Publicité

Publié dans Série Tv

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article