[Série Tv] Flash Gordon, Season Premiere

Publié le par Frédéric RACKAY

Après avoir littéralement réinventé la franchise « Battlestar Galactica », en lui injectant une bonne dose de mysticisme et de spiritualité, on était impatient de découvrir le traitement que le network « Sci fi Channel » allait appliquer à un autre monument de la science-fiction, « Flash Gordon ». Le premier épisode a été diffusé le 11 août dernier et le moins que l’on puisse dire est que le résultat laisse…songeur…

Il faut rappeler ici les origines du super-héros pour comprendre les multiples arrangements opérés pour sa plus récente adaptation télé.

Créé en 1933 par Joseph Connolly pour concurrencer directement Buck Rogers, « Flash Gordon » se déroule sur une terre bombardée par une pluie de météorites. Le docteur Hans Zarkov, accompagné du sportif Steve Gordon, surnommé Flash en référence à sa rapidité à la course à pied, et de la journaliste Dale Arden, partent à bord d’une fusée découvrir l’origine de la menace qui pèse sur la planète. Ils découvrent que la Terre est en fait l’objet d’une attaque d’un tyran despotique, l’Empereur Ming, qui règne en maître sur la planète Mongo. Outre la bande dessinée originelle, « Flash Gordon » a fait l’objet de multiples incarnations, sous la forme de feuilletons radiophoniques et télévisés, et surtout, dans un film de Mike Hodges produit par Dino de Laurentiis en 1980, et sa musique légendaire de Queen (Flash….Savior of the Universe !).

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Dans la nouvelle version de Sci Fi Channel, nous retrouvons un Flash tout juste sorti de l’adolescence, vivant seul avec sa mère dont le mari, scientifique, est décédé il y a quelques années lors d’une expérience qui a mal tourné. L’ancrage familial, dans une petite ville de campagne, l’âge du héros et des principaux protagonistes situent d’emblée le nouveau « Flash Gordon » dans une veine équivalente à « Smallville ». Dale Arden, jeune journaliste qui a réussi de brillantes études revient dans sa ville natale pour travailler comme reporter. Elle a eu une liaison avec Flash, mais s’est fiancée avec un policier. La relation entre Flash et Dale garantit la caution teenage amoureuse de la série, dont on se doute qu’elle sera faite de valse-hésitation, et rappelle quant à elle la série « Loïs & Clark ». Le docteur Zarkov est remplacé par l’ancien assistant du père de Flash, une espèce de « geek » vivant dans une caravane où il mène une série d’expériences improbables et procède à des inventions douteuses. Sosie non-officiel de Michael Moore, le nouveau Zarkov fait de l’œil aux amateurs de théories extra-terrestres façon « X-Files », mais son comportement ultra codifié et son obsession maniaque risquent fort de devenir crispants sur la longueur. Enfin, dernière modification et pas des moindre, l’empereur Ming a trouvé une liaison vers la terre grâce à des portails qui permettent de communiquer entre deux mondes, et vraisemblablement l’invention sur laquelle travaillait le père de Flash avant sa disparition. Cette idée de passerelle entre deux univers évoque irrésistiblement le pitch de « Stargate », et permet en outre que l’essentiel de l’action puisse se situer sur la Terre pour des raisons manifestes de budget.

Et c’est là que le bât blesse. Car si le spectateur est prêt à adopter toutes ces modifications essentielles pour satisfaire le public d’aujourd’hui, en lorgnant du côté d’une bonne demi-douzaine d’autres franchises à succès, « Flash Gordon » souffre malheureusement d’un manque considérable de moyens qui interdit à la série d’accéder à l’ambition qu’elle pourrait atteindre. Si les intrigues sous-tendues par le pilote peuvent se déployer de façon satisfaisante sur toute une saison (la recherche  du père, l’envoi sur Terre de créatures de l’Empereur Ming, la relation amoureuse de Flash et Dale…), l’aspect kitchissime de la série empêche de la prendre au sérieux. Les effets spéciaux sont grotesques, la vision de la planète Mongo trahit l’économie de moyen, les maquillages et costumes revus à la baisse. On ne voit pas comment l’exploration de la planète Mongo, la découverte de ses habitants, de ses magnifiques paysages et de sa mythologie pourront se déployer avec un « production design » aussi pauvre. Une simple bagarre entre Flash et un soldat de Ming dans le premier épisode tournant au pugilat comique, il est difficile d’imaginer le soulèvement des races indigènes de la planète Mongo face à la tyrannie de l’Empereur. Un tel projet nécessite une vision dont la série semble à priori dénuée, faute d’argent. On pourra cependant regarder ce  « Flash Gordon » comme une curiosité Z, telle que nous y a habituée le cinéma bis italien.
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Publié dans Série Tv

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