[Ciné] X Men, l'affrontement final

Publié le par Frédéric RACKAY

L’annonce du remplacement de Bryan Singer par Brett Ratner au poste de réalisateur de X Men 3 avait légitimement fait craindre le pire aux fans de la série et plus généralement à quiconque aime un peu le cinéma. Le réalisateur des Rush Hour ou de Coup D’éclat n’a en effet jamais dépassé le stade d’aimable yes man dénué de tout point de vue ou de projet de mise en scène. Si X Men – L’affrontement Final ne se hisse logiquement jamais au niveau des deux premiers opus, il faut cependant reconnaître qu’on est loin de l’échec attendu, du nanar annoncé.

Certes, il manque au film un véritable metteur en scène derrière la caméra, cela est manifeste dès le pré-générique, qui ne supporte pas la comparaison avec ceux du premier volet, et sa séquence dans les camps de la mort pendant la seconde guerre mondiale, ou du second épisode et la scène d’ouverture à la Maison Blanche. Dans les deux cas, Bryan Singer y faisait la démonstration de son talent dans le découpage, le rythme, la longueur des plans et la précision du cadre. Toutes choses absentes ici, dans ce flash back où l’on assiste au recrutement par Magneto et le Pr Xavier d’une Jean Grey dont les pouvoirs dépassent ceux de n’importe quel mutant. Brett Ratner se révèle en outre piètre directeur d’acteurs, ne leur donnant à jouer que des sentences pseudo humoristiques à la place de vrais dialogues.

Problématique également, la gestion des noeuds multiples de l'intrigue. Comme dans X Men 2, qui multipliait les pistes scénaristiques, X Men 3 joue sur différents registres, du niveau politique, éthique, personnel et intime. Il y est question d'un vaccin offrant la possibilité d'annuler les pouvoirs des mutants et leur permettre de retrouver une vie normale, du retour de Jean Grey et de sa transformation en Phoenix, double négatif de sa personnalité, l'introduction de nouveaux personnages - Archangel, le Fléau, le Fauve, Shadowcat, Callisto -, d'un conflit entre les humains et les mutants. Sauf que Brett Ratner ne va jamais au bout des possibilités offertes par le script, ne se donne à aucun moment l'occasion de caractériser un tant soit peu les nouveaux venus, survole systématiquement les implications sérieuses liées au vaccin qui touchaient au thèmes du racisme, du droit à la différence. Dommage, on a l'impression d'un véritable gâchis du matériau d'origine, dont on n'imagine pas qu'il ait été bradé de telle façon avec un réalisateur de la trempe de Singer.

Heureusement, le film parvient tout de même à fonctionner comme une grosse série B de luxe, malgré ses défauts, notamment dans sa seconde moitié et l'affrontement final promis, suffisamment spectaculaire et riche en émotion pour sauver cet ultime épisode du désastre auquel il était pourtant voué.
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Publié dans Ciné

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