[Dvd] The hills have eyes - Unrated (zone 1)

Publié le par Frédéric RACKAY

Disons le tout net : « The hills Have Eyes » est une déception. Pas aussi catégorique que celle de Silent Hill, non. Nous sommes loin d'un tel naufrage, mais la rumeur très flatteuse qui précédait la sortie du film et le précédent opus d'Alexandre Aja, Haute Tension, avaient placé la barre très haut en terme d'attente. On en sort donc forcément déçu même si par bien des aspects le film est une indéniable réussite et confirme tout le bien que l'on peut penser du fils d'Alexandre Arcady.

Le film confirme tout d'abord l'immense talent de son réalisateur à exploiter au mieux le décor de son film. Déjà dans Haute Tension, Aja manifestait une grande capacité à utiliser la topographie des lieux, en l'occurrence une ferme isolée, pour organiser une mise en scène ultra construite où la caméra explorait le moindre recoin où pouvait se réfugier le personnage de Cecille de France, poursuivie par un dangereux psychopathe. Toutes les possibilités étaient envisagées en terme de déplacement des personnages, dans un jeu de chat et de la souris de près d'une demi heure haletant. Dans The hills have eyes, le défi était plus grand puisque le film se situe en plein milieu du désert, donc sur un terrain où les possibilités de dissimulation sont moins grandes. Aja transpose néanmoins sa mécanique de la peur dans ce décor à ciel ouvert, en retardant au maximum le déchaînement de violence tant attendu grâce à une économie des effets parfaitement maîtrisée dans sa première heure, où les personnages sont dispersés pour accentuer leur côté vulnérable. D'une angoisse sourde et suggérée, le film culmine dans la longue séquence de la caravane, barbare et brutale, où  s'entrechoquent viol et crémation à vif, humiliation sexuelle et cannibalisme. Aja ose l'un des plans les plus culottés que l'on ait vu dans un film américain de longue date : le plan en caméra subjective du canon d'un revolver pointé sur la tête d'un nourrisson ! Lors de cette scène, Alexandre Aja manifeste toute l'étendue de son savoir-faire dans la gestion du dehors et du dedans et dans l'utilisation de la bande-son (ultra basses angoissantes et cris saturés). Ces quelques minutes d'ultra violence stylisées résument à elles seules ce que l'on attendait impatiemment de ce film. Hélas, rien ne viendra par la suite surpasser ce sommet et Aja ne parvient pas à renouveler une telle fulgurance.

Contrairement au film de Wes Craven dont il est le remake, The Hills Have Eyes version 2006 comporte un fort sous-texte politique en abordant le thème des essais nucléaires  et de ses conséquences génétiques. Le générique, sidérant, reprend d'entrée des vidéos d'archives de champignons atomiques alternant avec des photos de victimes irradiées monstrueuses. Dans sa seconde partie, Aja invente une « ville test » peuplée de mannequins inquiétants qui font basculer le film dans une sorte de Quatrième Dimension d'ailleurs explicitement évoquée précédemment. Cet épisode, s'il est courageux en soi et permet au film d'Aja de se démarquer de son illustre modèle, crée néanmoins une rupture dans la montée de l'angoisse organisée avant et fait cruellement retomber la tension. Cette scène inutilement longue (avec un passage dans un congélateur rempli de membres humains qui ralentit encore davantage l'action) permet tout de même au réalisateur de nous livrer son deuxième plan-choc : l'image d'un drapeau américain planté dans le crâne carbonisé du père de famille républicain, en forme de pied de nez revanchard contre une Amérique peu concernée par la conséquence de ses actes, dans et hors de ses frontières. Osé.  Comme la descente dans la barbarie du personnage de Bobby, jeune démocrate hostile au port des armes à feu, d'abord peu débrouillard (vendeur en téléphonie mobile, il cherche sans cesse à capter un signal en brandissant son téléphone en plein milieu du désert) puis basculant vers ses instincts les  plus brutaux pour sauver la vie de son enfant. Sa ressemblance immédiate avec le Dustin Hoofman des Chiens de Paille (et avec Alexandre Aja également !) évoque irrésistiblement le film de Peckinpah et sa réflexion sur l'auto défense. Une référence cependant trop imposante pour notre jeune frenchy qui se contente hélas d'aligner les affrontements à la hache peu avares en déferlements gores, mais néanmoins trop répétitifs et convenus.

On espérait que « The Hills Have eyes » crée une nouvelle norme dans le cinéma d'horreur contemporain, mais la concurrence actuelle est rude. Pas aussi angoissant que « The descent », moins jusqu'au boutiste que « The devil's rejects », le film d'Aja échoue à combler nos attentes. Sans doute trop démesurées.

Le dvd

Déjà disponible outre-Atlantique dans une version non censurée, le film d'Alexandre Aja ne sortira que le 21 juin en France dans son montage expurgé de ses plans les plus gores. Une bonne raison de se procurer ce zone 1 qui propose en outre les bonus suivants :

Audio Commentary Alexandre Aja Director, Gregory Levassuer Writer; Marianne Maddalena Producer
Surviving the Hills: Making of The Hills Have Eyes
Production Diaries (7 featurettes)
Fox Movie Channel: Casting Session
Music Video
Theatrical Trailers
Bonus Trailers

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Publié dans Dvd

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