[Dvd] The Strangers
Il y a schématiquement deux façons d’envisager un slasher movie. Soit évacuer toute psychologie des personnages afin de jeter le plus vite possible les victimes en pâture d’un serial killer qui tue à l’arme blanche, à la tronçonneuse, ou à tout autre objet contendant. La seconde solution consiste à permettre à l’histoire de s’installer à la faveur d’un temps d’exposition qui permet la caractérisation des personnages. Les amateurs d’hémoglobine qui veulent voir le sang couler sans autre forme de procès ont naturellement une préférence pour la première option, plus anonyme, de la violence aveugle. La deuxième solution permet cependant une identification aux personnages et d’éprouver de l’empathie pour ceux-ci. De récente mémoire, dans « Wolf Creek », jamais on aurait pu ressentir à tel point la proximité de la mort quand le personnage de Liz supplie son bourreau de la laisser en vie, si la première heure du film ne nous avait pas permis de faire sa connaissance.

Bryan Bertino, scénariste et réalisateur de « The strangers », dont c’est le premier film, a parfaitement compris la mécanique de la terreur, à la fois en installant un climat dont le caractère hautement anxiogène va croissant, et en situant l’action dans une quotidienneté vraisemblable (le film est inspiré de faits réels). La peur que provoque le film est en effet celle d’un inconnu qui tambourinerait à votre porte en plein milieu de la nuit. Kirsten et James rentrent dans leur maison de vacances après une soirée de mariage. Le couple est en crise suite au refus de Kirsten d’accepter la bague de fiançailles de son petit ami. Le premier acte du film installe une atmosphère intimiste où l’incommunication et le malaise minent les relations du couple. Pour l’essentiel dépourvu de dialogues, mélancolique, cette phase d’exposition prépare tout doucement le spectateur à ce qui va suivre : l’irruption dans un univers familier et a priori sécurisant de trois intrus masqués dont la volonté sans équivoque est de tuer après s’être livrés à un jeu du chat et de la souris angoissant. Bryan Bertino déjoue tous les clichés redondants propres au genre. L’exemple le plus représentatif de cette volonté d’éviter le grand guignol est la première apparition de l’étranger masqué. Plutôt que le surgissement du danger à grand renfort de musique anxiogène (roulements de tambours et cordes stridantes), la menace apparaît dans le plan, cachée, silencieuse, pendant que Liv Tyler allume une cigarette, ignorant la présence du meurtrier derrière elle. Le réalisateur fait preuve d’une belle maîtrise du cadre au format « scope », dont l’utilisation rappelle celle que peut en faire un spécialiste comme John Carpenter, et de la durée pour installer l’angoisse. La suite consiste dans l’enchaînement classique des réactions des victimes face à un danger inconnu : l’incrédulité et l’incompréhension, l’instinct de survie, le renoncement puis l’abandon. Si le dispositif est parfaitement maîtrisé par Bryan Bertino, dont « The Strangers » contient de belles promesses, le film montre aussi ses limites dans la durée et semble tourner en rond en systématisant les réactions les plus improbables des victimes, que l’on peut cependant justifier par leur état de peur panique. Il ne faut pas s’arrêter à ces quelques défauts qui sont bien peu de choses en comparaison de la naissance d’un cinéaste avec lequel il faudra sans doute compter.

Édité directement en vidéo sans avoir connu d’exploitation en salles, « The Strangers » bénéficie d’un transfert respectant les tonalités nocturnes du film et d’un mixage 5.1 Dolby Digital en VF comme en VO qui met parfaitement en valeur le travail sur le son. Le suppléments consistent en un « Making of » d’une vingtaine de minutes, intéressant quoiqu’un peu auto satisfait, d’une bande-annonce et de deux scènes coupées assez anecdotiques.

Bryan Bertino, scénariste et réalisateur de « The strangers », dont c’est le premier film, a parfaitement compris la mécanique de la terreur, à la fois en installant un climat dont le caractère hautement anxiogène va croissant, et en situant l’action dans une quotidienneté vraisemblable (le film est inspiré de faits réels). La peur que provoque le film est en effet celle d’un inconnu qui tambourinerait à votre porte en plein milieu de la nuit. Kirsten et James rentrent dans leur maison de vacances après une soirée de mariage. Le couple est en crise suite au refus de Kirsten d’accepter la bague de fiançailles de son petit ami. Le premier acte du film installe une atmosphère intimiste où l’incommunication et le malaise minent les relations du couple. Pour l’essentiel dépourvu de dialogues, mélancolique, cette phase d’exposition prépare tout doucement le spectateur à ce qui va suivre : l’irruption dans un univers familier et a priori sécurisant de trois intrus masqués dont la volonté sans équivoque est de tuer après s’être livrés à un jeu du chat et de la souris angoissant. Bryan Bertino déjoue tous les clichés redondants propres au genre. L’exemple le plus représentatif de cette volonté d’éviter le grand guignol est la première apparition de l’étranger masqué. Plutôt que le surgissement du danger à grand renfort de musique anxiogène (roulements de tambours et cordes stridantes), la menace apparaît dans le plan, cachée, silencieuse, pendant que Liv Tyler allume une cigarette, ignorant la présence du meurtrier derrière elle. Le réalisateur fait preuve d’une belle maîtrise du cadre au format « scope », dont l’utilisation rappelle celle que peut en faire un spécialiste comme John Carpenter, et de la durée pour installer l’angoisse. La suite consiste dans l’enchaînement classique des réactions des victimes face à un danger inconnu : l’incrédulité et l’incompréhension, l’instinct de survie, le renoncement puis l’abandon. Si le dispositif est parfaitement maîtrisé par Bryan Bertino, dont « The Strangers » contient de belles promesses, le film montre aussi ses limites dans la durée et semble tourner en rond en systématisant les réactions les plus improbables des victimes, que l’on peut cependant justifier par leur état de peur panique. Il ne faut pas s’arrêter à ces quelques défauts qui sont bien peu de choses en comparaison de la naissance d’un cinéaste avec lequel il faudra sans doute compter.

Édité directement en vidéo sans avoir connu d’exploitation en salles, « The Strangers » bénéficie d’un transfert respectant les tonalités nocturnes du film et d’un mixage 5.1 Dolby Digital en VF comme en VO qui met parfaitement en valeur le travail sur le son. Le suppléments consistent en un « Making of » d’une vingtaine de minutes, intéressant quoiqu’un peu auto satisfait, d’une bande-annonce et de deux scènes coupées assez anecdotiques.
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