Jeudi 25 juin 2009
Lorsque la fiction rejoint la réalité. Au lendemain du crash de l'Airbus AF 447, TF1 avait retiré de sa grille des programmes la diffusion du pilote de la série « Fringe », produite par JJ Abrams qui s'ouvrait précisément sur une catastrophe aérienne. L'émotion étant à son comble, le geste était compréhensible.

Les journalistes de la chaîne de télévision bolivienne PAT n'ont pas manifesté une telle rigueur déontologique en diffusant sur leur antenne des images exclusives supposées prises lors de la catastrophe...mais en réalité issues de la série «Lost »  !!! «Regardez-bien ces images, s'il vous plaît. Prêtez-y bien attention», insistait de façon sur-dramatisée la présentatrice du journal, décortiquant  des photos provenant de la carte mémoire d'un appareil photo repêché dans l'océan Atlantique par la marine brésilienne. L'information est très vite reprise par la chaine de télévision polonaise TVN24 et par la radio hollandaise BNR, avant que des internautes plus perspicaces ne réagissent sur la toile : les prétendues photos proviennent de la série « Lost » et plus précisemment de l 'épisode pilote de la saison 3 qui montrait l'avion de la Oceanic Airlines se couper en deux en plein vol.


La chaîne de télévision bolivienne PAT piégée par un canular monumental :



Selon le journal bolivien « Los Tiempos », cette formidable bévue serait due à un grand nombre de messages électroniques envoyés à la chaine de télévision, affirmant que la carte mémoire de l'appareil photo d'une des victimes, un Casio Z750, avait été repêché au milieu de l'océan par la marine brésilienne et contenait ces images. Un hoax (canular) monumental dans lequel s'est  engouffré la chaîne PAT qui a du présenter ses excuses et reconnaître son erreur.



Le crash du vol Pacific Airlines 815 dans "Lost" (spoiler alert !!!) :



Par Frédéric RACKAY - Publié dans : News Série Tv
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Jeudi 25 juin 2009
Le trailer de « The Box », le nouveau film de Richard Kelly vient d'être mis en ligne.

L'histoire est celle d'un couple qui reçoit à son domicile un mystérieux personnage à moitié défiguré, Arlington Steward, qui leur remet une boîte sur laquelle un bouton permet d'obtenir un million de dollar à chaque fois qu'il est actionné. Cependant, à chaque pression, une personne inconnue du couple meurt. C'est le point de départ d'un film où le fantastique va surgir dans le quotidien  d'un couple et où il sera question de morale et de responsabilité. Adapté d'une nouvelle de 8 pages  de Graham Masterton, déjà adaptée à la faveur d'un épisode de «Twilight Zone », on se demandait comment un tel argument pouvait soutenir un long métrage. Les doutes se dissipent à la vue des premières images du film qui permettent de se rendre compte que le pitch n'est qu'un moyen de préparer les actes deux et trois du film où les questions des conséquences et de la réparation de ses actes seront abordés, au sein d'un suspens qu'on imagine hitchcockien autour d'une enquête visant à découvrir les employeurs  de Arlington Steward. C'est en tout cas ce que confirme Richard Kelly lui-même dans une interview donnée au site « Ain't It Cool News ».





Dans cet entretien, le réalisateur de « Donnie Darko » et « Southland Tales » aborde la question de la censure et de la relation constante avec la Commission de Classification qui a été associée dès les dessins de préparations du visage à moitié défiguré d'Arlington Steward. Il révèle également avoir été en lien avec Chris Nolan pour que son maquillage et celui de Double Face dans « The Dark Knight » ne fassent pas concurrence.

Richard Kelly avoue ensuite avoir été convaincu de tourner « The Box » avec la caméra numérique HD « Genesis » en voyant « Zodiac » et la possibilité d'associer la haute définition avec une époque, les années 70, sans que cela ne nuise à la reconstitution de l'époque. Au contraire, parmi les 300 effets spéciaux du film, outre ceux utilisé pour améliorer le maquillage du personnage de Arlington Steward, l'essentiel a été utilisé pour retoucher des éléments architecturaux ou les voitures de l'époque.  Des e CGI invisibles aux yeux du spectateur donc, hormis en une seule occasion où seront introduits des éléments de pure science fiction. Outre Fincher, Richard Kelly annonce des influences du côté de Polanski et de Vilmos Zsigmond, chef opérateur ayant travaillé avec Altam, De Palma et Spielberg.

Enfin, le réalisateur confirme l'écriture de la bande originale par les membres du groupe Arcade Fire qui ont écrit 18 minutes de musique pour le film, complété par des standards de l'époque : Eric Clapton, Grateful Dead, Wilson Pickett, Scott Walker et The Marshall Tucker Band. Le score sera très inspiré de Bernard Herrman et le film très musical, avec notamment une séquence de quatre minutes sans dialogue, basée exclusivement sur l'ambiance sonore.

On attend « The Box », dont la sortie est prévue aux Etats Unis le 30 octobre avec beaucoup d'impatience. Richard Kelly annonce un film très personnel, car le couple est inspiré de ses propres parents, et le tournage s'est déroulé sur les lieux de son enfance. Etrange qu'un réalisateur attende son troisième film pour y injecter ses propres éléments autobiographiques, on a hâte d'en découvrir le résultat.
Par Frédéric RACKAY - Publié dans : News Ciné
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Mercredi 24 juin 2009
Lorsque JJ Abrams a commencé à communiquer sur sa conception de « Star Trek », le réalisateur a avoué sa méconnaissance de l'univers de la série, ses codes, sa philosophie particulière pour  en annoncer une relecture qui s'adresserait au plus grand nombre, trekkies purs et durs et néophytes curieux. Rien de tel pour provoquer une levée de bouclier chez les fans de la première heure, et accessoirement gardiens du temple, soucieux d'être trahis et de voir l'objet de leur adoration dénaturé au profit du grand public. On sait aujourd'hui que si « Star Trek XI » conçoit une certaine fidélité aux personnages, à la structure sociale et politique de la saga originale, le reste n'a plus grand chose à voir, sacrifié sur l'autel du jeunisme et d'un humour souvent hors de propos dans un tel contexte.

Quand McG est annoncé pour donner une suite à la trilogie  « Terminator », il sait qu'il ne bénéficie d'aucune crédibilité au sein du noyau dur des fans de la saga. Le réalisateur, responsable des deux adaptations ciné des « Drôles de Dames », est tout au mieux un habile clippeur capable de produire un humour au énième degré, guère plus. Ne se sachant pas légitime, McG adopte une stratégie strictement inverse à celle de JJ Abrams, pour témoigner aux films de Cameron son plus grand respect et sa volonté de rester fidèle à la trilogie originale. « Terminator Renaissance » se situant dans un contexte radicalement différent des précédents volets et obéissant à un « production design » en rupture avec celui de Cameron, McG ne manque aucune occasion de lancer des clins d'oeil appuyés aux fans de la première heure. Répétitions des tagglines les plus manifestes (« Come with me if you want to live », « I'll be back », les enregistrements audios de John et Sarah Connor), du score original (le fameux thème musical lors du générique qui reprend en 3D le concept de base du premier film), le morceau des Guns'N'Roses), la façon dont Kyle Reese recherche son fusil, le climax dans le cadre d'une chaine de production industrielle... jusqu'à l'apparition en CGI de « Governator » himself, dans un cameo attendu et plutôt efficace. Les signes de bonne volonté sont manifestes, mais cela suffit-il à faire de ce « Terminator Begins » un bon film ? Oui et non.




Oui, car contrairement au troisième opus qui n'apportait rien de neuf à la saga, « Terminator Renaissance » a l'ambition de prolonger la mythologie en mettant des images sur la guerre du futur opposant les hommes aux machines, dont Cameron nous avait donné un aperçu à la faveur de « flash forwards » oniriques. Soldats prostrés dans des sous-sols tandis qu'à la surface, des tanks roulent sur les squelettes des victimes, les robots sillonnant les airs ou avançant laser au poing, tirant sur toute forme de vie humaine.... L'économie de série B du premier film ne permettait qu'une vision réduite du futur, mais dont la modestie des moyens faisait toute la force paranoïaque et anxiogène.  Pour « Renaissance », McG convoque de multiples références, notamment du cinéma catastrophe (« La guerre des Mondes » de Spielberg) et post apocalyptique et à « Mad Max 2- Le défi » en particulier. L'enfant muet en écho du « feral kid », la vision primitive de la résistance, la course poursuite sur une route qui traverse un paysage désertique, le chef d'oeuvre de George Miller est cité explicitement sans que jamais, McG en tutoie le niveau. Plus surprenant, le clin d'oeil à John Sturges lors d'un saut en moto au dessus de barbelés pourrait inscrire « Renaissance » dans une généalogie qui le situerait comme un remake escatologique  de la « Grande Evasion ». Quant aux risque de concurrence aux « Transformers » de Michael Bay et au « Dark Knight » de Chris Nolan que laissaient supposer la bande annonce,  ils sont vite évacués pour ne se résumer qu'à la séquence de la station service (robot géant) et à une course-poursuite (en « batpod »-like) qui ne tombent cependant pas dans le piège de la compilation opportuniste.

Si le film n'est donc pas le naufrage tant redouté, il souffre cependant d'un montage très aléatoire où les coupes les plus sombres en altèrent le rythme et l'architecture scénaristique. Dès la première scène de la découverte du labo expérimental de Skynet, John Connor en ressort sans que l'on sache exactement ce qui a bien pu s'y dérouler. Si le spectateur peut imaginer le massacre laissé hors champ, on se doute qu'il s'agit davantage d'une coupe pure et simple plutôt que d'une ellipse maladroite. Le film trace ainsi sa route, handicapé systématiquement par des béances dans le script, tel l'absence d'explication des expériences menées sur les humains par Skynet. Plus problématique, ce charcutage en règle exclut toute caractérisation des personnages qui ne sont réduits qu'à des figures aux motivations incertaines. On a ainsi beaucoup de mal à croire dans la relation entre Marcus et Moon Bloodgood et surtout, l'interprétation de Christian Bale est tout à fait hors de propos. Jouant sans cesse sur l'intensité nerveuse, à la limite de l'antipathie, il campe un John Connor loin du charisme messianique que l'on avait en tête.
Par Frédéric RACKAY - Publié dans : Ciné
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Lundi 22 juin 2009
Une nouvelle bande-annonce de « Inglourious Basterds » vient de faire son apparition sur le net, tout comme les posters internationaux définitifs qui déclineront chacun des personnages du dernier film de Quentin Tarantino. Ce nouveau trailer, s'il débute sur un montage articulé autour d'une séquence déjà diffusée largement sur le web (celle de Brad Pitt essayant de faire parler un soldat allemand prisonnier) fait cette fois la part belle au développement principal de l'intrigue, celui de la vengeance du personnage joué par Mélanie Laurent, exploitante d'une salle de cinéma dans le Paris occupé de la seconde guerre mondiale. On peut donc y découvrir de nouvelles images inédites sans doute plus fidèles à la storyline du film, plutôt vendue comme un «Dirty Dozen »-like alors qu'il devrait davantage se rapprocher du « Dernier Métro » de Truffaut, ce qui n'a pas manqué de surprendre les festivaliers cannois.




En attendant la sortie chez nous le 19 août, Tarantino planche sur un nouveau montage de son film. Annoncé dans un premier temps dans une durée de 2 H 40, le film a été présenté au Festival de Cannes dans une version de 2 H 30, supprimant intégralement le personnage de Maggie Cheung.  Puis le réalisateur a affirmé vouloir sortir un montage de 2H 50 qui ré-integrerait l'actrice chinoise et d'autres séquences laissées sur la table de montage, avant que les frères Weinstein, qui produisent le film, ne demandent à Tarantino de revoir sa copie en l'expurgeant pour obtenir un montage plus serré. De surcroît, les frères producteurs, qui ont révélés le cinéaste en 1992 grâce à « Reservoir Dogs » vont peux-être devoir reporter la sortie du film sur le continent américain pour permettre une campagne promotionnelle coûteuse de 30 millions de dollars, consécutive à l'accueil très tiède réservé au film sur la Croisette, alors que leur studio est au bord de la faillite financière En tout cas, chez nous où le film est distribué par Universal, la date de sortie est maintenue : ce sera bien le 19 août !




Par Frédéric RACKAY - Publié dans : News Ciné
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Vendredi 12 juin 2009
Le monde des triades a toujours inspiré de nombreux cinéastes  en raison de leur aspect cinégénique et fantasmatique. Il faut dire que cet univers de société secrète à vocation criminelle, qui s'apparente en de nombreux points à la mafia américaine, a quelque chose de fascinant avec ses lois spécifiques, ses raisons historiques et ses liens avec la société, ses traditions, ses figures hautes en couleur et folkloriques. Dans « Election », Johnnie To isole un événement spécifique de la vie des triades, l'élection du nouveau chef local, pour  en  révéler les enjeux financiers, les luttes de pouvoir, la lutte entre la tradition et les velléités séparatistes.

Les deux prétendants au pouvoir sont Lok, garant des traditions qui président à ce microcosme, calme, méthodique, il est opposé à Big D, qui, battu par le vote, va tout faire pour obtenir le siège tant convoité à force de violence et de corruption. Ce dernier est interprété de façon quasi hystérique par un Tony Leung Ka Fai qui cabotine au possible dans ce rôle survolté. Il faut dire que le récit faisant intervenir de nombreux personnages, leur caractérisation, réduite au minimum, autorise tous les excès dans le jeu des acteurs et dans celui-ci en particulier, obsédé par le pouvoir et l'argent. 



Le film prend à un moment donné la direction d'une forme de chasse au trésor : celui qui possédera un bâton ancestral que se relaient les nouveaux chefs, deviendra le patron. C'est l'occasion de sortir de Hong Kong où se déroule le film, de mettre en suspens le dialogue et le verbe pour des séquences d'action, de poursuite et de duels au sabre qui ne font cependant pas oublier que « Election » n'est pas un film d'action stricto sensu. Aucun coup de feu n'est échangé, Johnnie To abandonne les fusillades opératiques de « Full time Killer » ou « The Mission », les plans séquences virtuoses de « Breaking news ». Si on tue dans « Election », c'est à l'arme blanche, en enfermant la victime dans une caisse pour la faire dévaler une falaise, en utilisant un rocher pour écraser un crâne, en poussant sa victime sous les roues d'une voiture.  Si on sent bien que Johnnie To a mis un point d'honneur à mettre de côté les gunfights, cela ne signifie pas pour autant que sa mise n'est pas moins travaillée et réfléchie. Il utilise toujours des mouvements d'appareil discrets mais plutôt pour isoler un moment de communion collective (la cérémonie du thé ou celle d'intronisation du nouveau boss), utilise de brillante façon la cinégénie particulière de la ville de Hong Kong (les berlines noires qui roulent dans la nuit avec les reflets des néons sur la carrosserie...). Le montage est nerveux, la photographie fait la part belle aux clairs obscurs, « Election » est un modèle de film du genre, et un sommet dans la carrière de Johnnie To.




Publié dans la collection que TF1 Vidéo consacre à Johnnie To, « Election » propose un transfert en tout point conforme aux partis pris artistiques, images sombres et bleutées, et une bande son plutôt discrète, le film étant avant tout très verbeux. Un court making of complète le programme de ce dvd disponible soit à l'unité, soit en coffret avec sa suite.
Par Frédéric RACKAY - Publié dans : Dvd
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